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Payer au moment de réserver sa table dans un restaurant

Les restaurateurs de Vancouver envisagent de plus en plus de faire payer les clients qui réservent une table dans leur établissement.

Un texte de Noémie Moukanda

L'idée d’un système de réservation prépayée est née du fait que trop de clients ne respectent pas les réservations, soit en se désistant à la dernière minute, soit en ne prenant pas la peine d’annuler leur réservation. D'autres fois, ils réservent dans plusieurs restaurants ou bien pour plus de personnes que nécessaire.

Les réservations constituent une partie importante de la fréquentation d’un restaurant, remarquent au quotidien certains restaurateurs de Vancouver. Emrys Horton, le gestionnaire de Provence Marinaside, dit que, pendant une journée ordinaire, 60 % de ses clients réservent leur table.

Lorsque ceux-ci décident de venir manger dans son établissement, il espère qu’ils honorent cet engagement parce que ces réservations les aident « à déterminer la nourriture nécessaire, l’équipe à mettre en place et à évaluer le déroulement de la journée ».

Bien que le restaurant Provence Marinaside requière la carte de crédit pour toute réservation à des moments-clés comme la Saint-Valentin ou des évènements spéciaux, il envisage maintenant de se tourner vers le système de réservation prépayée Tock. Cette démarche est motivée par les nombreuses annulations, voire les désistements qui ne sont même pas signalés.

Selon Emrys Horton, ce serait normal que le secteur de la restauration emboîte le pas « d’autres industries comme le hockey ou le cinéma, où, si quelqu’un a déjà acheté son ticket en ligne et qu’il ne se rend pas sur place, il perd son ticket ». « Pourquoi est-ce différent dans un restaurant », demande-t-il.

Une question d'argent et de « respect »

L’association des restaurations de la Colombie-Britannique (BCRFA) croit qu’il s’agit là de protéger les restaurateurs qui perdent de l’argent avec ces réservations non respectées. Son président, Ian Tostenson, qui soutient l’initiative, affirme que les réservations prépayées n’auront aucun effet sur les établissements qui ne prennent pas de réservations.

M. Tostenson affirme que les retombées financières sont bel et bien négatives pour les petits restaurants qui comptent sur les réservations.

Pour le propriétaire du restaurant The French Table, Hervé Martin, il est ici question « d’éducation » dont les conséquences peuvent avoir un effet domino.

« S'ils [les clients] n'annulent pas, on attend, 19 h, 19 h 30, 20 h, puis à un moment donné, il n'y a plus personne dans la rue. Donc, on a perdu la table. Donc, on a perdu un revenu. Puis, à un moment donné, comme le business ralentit, on renvoie les employés à la maison. C'est toute une chaîne de faits qui font que le business perd et que les employés perdent gros aussi », constate M. Martin.

Le restaurateur déplore cette situation d’autant plus qu'elle survient de plus en plus souvent, dit-il. Par conséquent, il mettra un système en place pour ne plus perdre d'argent. Sans passer par le système TOCK, vers lequel beaucoup de restaurateurs se tournent au pays pour des réservations prépayées, Hervé Martin va adapter les outils qu'il possède déjà.

Hervé Martin pense que chaque restaurant doit fonctionner selon ses moyens. Pour sa part, il ne craint pas que la demande d’un acompte lors de la réservation puisse en dissuader plus d’un. « J’en parle énormément avec mes clients ici qui sont des réguliers et ils approuvent tous le système », dit-il. Car, étant des fidèles de sa table, ils ne manqueront jamais de prévenir du contretemps, dit M. Martin.

La BCRFA, comme les restaurateurs, encourage les clients à se montrer « plus courtois » en donnant un coup de fil au restaurant lorsqu’ils ne comptent plus y aller.