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Pêche au hareng au N.-B. : un modèle économique pour les Autochtones et les Acadiens

Deux usines de transformation de crabe et de hareng sont la propriété de communautés autochtones dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick.

L'une d'elles, l'usine McGraw, a entrepris d'importants travaux de modernisation depuis quelques mois, afin d'être plus concurrentielle. On veut également maximiser les retombées économiques pour les Autochtones.

C'est un consultant en pêches bien connu en Atlantique, Gilles Thériault, qui a contribué à mettre en place ce nouveau modèle de coopération. Et selon lui, tout le monde y gagne.

Une croissance continue

Gaëtan Noël est contremaître chez McGraw Seafood. Il s'occupe des approvisionnements de l'usine de transformation depuis 19 ans. Il a vécu la transition lorsque l'usine a été rachetée en 2008 par les Autochtones d'Elsipogtog.

« Moi, je vois ça d'un bon oeil. Depuis huit ans, ç'a toujours grandi et je pense que ça va continuer à grandir. Si les Premières Nations n'avaient pas acheté McGraw Seafood, probablement qu'aujourd'hui ce serait fermé. Là, l'usine est restée en vie. C'est du travail pour les gens de la région, c'est super bon.

« C'est clair qu'il y a un virage qui est en train de se faire à McGraw Seafood et on va certainement être un joueur important dans l'industrie de la Péninsule acadienne », renchérit Gilles Thériault, directeur général de McGraw Seafood. 

L'usine est en pleine croissance. Près de 3 millions de dollars y ont été investis. On a doublé la superficie et automatisé la chaîne de production pour le hareng, afin d'être concurrentiel sur les marchés américain et japonais.

« On a acheté une nouvelle machine cette année qui nous permet de séparer les mâles et les femelles, souligne Gilles Thériault. Parce que le produit qu'on fait pour le marché japonais, c'est uniquement d'extraire les oeufs, la rave du hareng. »

« Avant, pour déterminer s'il y avait de la rave dans le hareng, il fallait tous les ouvrir.  Aujourd'hui, nous avons une machine qui va séparer les mâles et les femelles. Les employés sur la chaîne de production n'auront que les femelles à ouvrir, ce qui va augmenter l'efficacité de production de 30 à 35 % », soutient-il.

Des Autochtones ravis

Près de la moitié des profits et des bénéfices sont réinvestis dans l'usine et l'autre, dans la communauté d'Elsipogtog. 

« Cette usine doit aider la communauté à devenir indépendante. On peut investir beaucoup de choses en infrastructure, ça c'est mon rêve », lance Jake Augustine, assistant gérant chez McGraw Seafood.

Jake Augustine est un enfant de la communauté. Il a 27 ans et il est le témoin des retombées positives pour sa communauté d'Elsipogtog.

« Les bénéfices ont permis de financer l'achat d'un autobus scolaire, de nouvelles installations à l'aréna. On a aussi mis sur pied un programme de petits déjeuners pour les élèves de l'école secondaire et un programme de nettoyage extérieur. »

« Elsipogtog a été la première à lancer un tel projet et c'est mon cabinet qui avait fait l'étude de faisabilité du projet à l'époque. J'ai aidé à mettre en place le financement en 2008 pour l'achat de l'usine. Je dois avouer qu'il y avait beaucoup de sceptiques qui disaient que les Autochtones ne pourraient jamais gérer cette usine-là. Je dois dire que l'usine va très bien, elle en est à sa septième année, on est en pleine expansion », affirme Gilles Thériault.

La grande majorité des 145 travailleurs de l'usine sont Acadiens. Gilles Thériault parle de mariage entre les Acadiens et les Micmacs. Jake Augustine en sait quelque chose et c'est une des raisons pour lesquelles il a appris le français.

« C'est important, c'est vraiment plus facile d'avoir une connexion avec les employés si je parle français, admet-il. C'est une communauté autochtone qui est propriétaire de l'usine, historiquement ça ne s'était jamais vu et c'est un beau mariage entre les Acadiens et les Micmacs dans le sens où on se partage les bénéfices.

On voit des bénéfices pour la communauté autochtone et on crée de l'emploi dans la communauté acadienne.

Jake Augustine, assistant gérant, McGraw Seafood

Gilles Theriault, avec l'aval du conseil de bande, veut maintenant passer à la vitesse supérieure. Il veut continuer de moderniser la chaîne de production pour le crabe, mais aussi maximiser les bénéfices pour la communauté d'Elsipogtog.

« On envisage des projets d'envergure pour la communauté, mais que je ne peux dévoiler pour l'instant. »

D'autres projets d'infrastructures doivent être dévoilés après la saison de pêche.

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