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Pêche au homard : les prix en baisse, les pêcheurs furieux

Les pêcheurs de homard de la zone 25, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, peuvent s'attendre à recevoir 4,25 $ la livre pour le homard de conserve et 4,75 $ pour le plus gros homard, une baisse d'environ 2 $ la livre par rapport à la saison dernière.

Un texte de Louis Mills

L’Union des pêcheurs des Maritimes (UMP) s’explique mal cette diminution, d’autant plus que les prix avaient grimpé jusqu’à 7,50 $ la livre et même 8 $ pendant la pêche printanière, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

« Les pêcheurs vont être en beau maudit quand ils vont recevoir leur paiement officiel au début de la semaine je vous le garantis », lance Michel Richard de l’UPM.

La diminution s’explique d’autant moins, dit-il, que les pêcheurs ont accepté l’an dernier une augmentation de la taille minimale de la carapace des homards qu’ils peuvent pêcher. Cette mesure de conservation devait aussi permettre de consolider les prix, puisque plus de homards allaient être rejetés à l’eau.

« Les transformateurs, depuis 2012, chantent à nos membres, pour aider la ressource, aider les marchés, aidez vous-mêmes, augmentez la taille minimale. Là on est rendus avec une taille minimale supérieure de 2 mm et ils lancent ça dans la face des pêcheurs », fulmine M. Richard.

Un dollar fort déprécie le homard

L’explication est bien simple, selon Jerry Amirault, de l’Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.

D’abord, explique-t-il, le dollar canadien s’est beaucoup apprécié en peu de temps, face à la devise américaine. Comme les trois quarts des homards pêchés dans la région sont destinés au marché américain, c’est un facteur non négligeable, dit-il.

« On nous paie en dollars qui n’ont plus la même valeur », dit-il.

Michel Richard croit toutefois que les transformateurs exagèrent l’impact de la hausse du dollar. « Le dollar était à 74 cents ce printemps et tout de suite, il est à 79 cents. Il y a une différence de 3 à 4 cents avec l’année passée qui se traduit par 2 $ de différence. C’est complètement saugrenu… Ça pourrait peut-être expliquer un différentiel de 25, 30 sous, pas plus! »

Des acheteurs se sont détournés du homard

Mais il y a plus encore, affirme Jerry Amirault. Les prix ont atteint de tels sommets l’automne et le printemps dernier, dit-il, que bien des acheteurs se sont détournés du homard canadien, particulièrement de la chair de homard vendue par les transformateurs.

Il donne l’exemple de la chaîne de restaurants McDonald’s qui n’a pas offert son populaire sandwich McHomard cette année, parce que les prix de la matière première étaient trop élevés.

Un représentant de l’industrie au Nouveau-Brunswick qui ne veut pas révéler son identité affirme que les transformateurs ont beaucoup de stocks invendus, en ce moment, ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix.

En revanche, dit-il, les prises sont extraordinaires depuis le début de la saison. Cela devrait permettre aux pêcheurs de connaître une très bonne saison malgré tout, puisque les volumes vendus compensent les prix plus faibles obtenus par les pêcheurs.

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