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Pêcher le pouce-pied au risque de sa vie au large de l'île de Vancouver

Absent depuis les années 1990, le pouce-pied est sur le point de faire son retour sur les étals. Mais pêcher ce crustacé difficile d'accès peut s'avérer dangereux. Certains craignent aussi la surpêche.

Souvent servis en hors-d'œuvre dans les grands restaurants nord-américains, les pouces-pieds se trouvent sporadiquement sur la côte ouest de l'île de Vancouver, plus particulièrement sur les rochers juste en dessous de la ligne de marée haute.

Marcel Martin et son père récoltent le crustacé à deux dans la baie Clayoquot, à environ 15 minutes de bateau de Tofino. Le premier est directement sur le rocher pour décrocher les pouces-pieds incrustés, le second surveille l'opération depuis leur bateau. Car avec la forte houle et les conditions météorologiques peu stables dans la région, celui qui récolte risque d'être rapidement renversé par une vague.

« Le plus dur, c'est probablement d'arriver jusqu'à la zone de récolte. Mais ensuite, tout peut encore arriver, c'est très facile de glisser et de tomber du rocher », confie le jeune homme, ajoutant que passer du bateau au rocher demande une bonne synchronisation et « la foi ».

Autre obstacle : la très courte fenêtre de tir. Dans la baie Clayoquot, les rochers ne sont accessibles qu'à marée basse, et lorsque la météo le permet. Les pêcheurs doivent donc travailler très vite.

Malgré les difficultés, Marcel Martin est optimiste. « Cela pourrait vraiment devenir une grosse industrie, il faut juste que cela se sache », assure-t-il.

Mais tous ne partagent pas son enthousiasme. « La surpêche nous inquiète. Nous avons appris de nos erreurs. Mais le risque, c'est que tout le monde se mette à ignorer les quotas de pêche durable », dit le gérant de la pêche au sein de la Première Nation Tla'o'quiaht, Andrew Jackson.

1000 $ par semaine

Dans les années 1990, la surpêche a conduit à l'effondrement des populations de pouces-pieds dans la région, forçant les pêcheurs à mettre un terme à la commercialisation.

Environ 14 000 kilogrammes de pouces-pieds devraient être récoltés cette année avant que les tempêtes hivernales ne mettent un terme aux opérations pour la saison. Cela représente environ 1000 $ de revenus par semaine pour un pêcheur qui part en récolte tous les jours, pendant quelques heures.

L'Aquarium de Vancouver promet de surveiller les quotas grâce à son programme « Ocean Wise ». Une cinquantaine de rochers abritent des pouces-pieds dans la région et « chacun a un quota spécifique », précise une de ses scientifiques Laurenne Schiller. L'organisme voit d'un bon œil l'utilisation des ressources locales.

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