Retour

Pénurie d'ingénieurs au MTQ : le Saguenay vient prêter main-forte à l'Abitibi-Témiscamingue

Les organismes publics ne sont pas épargnés par la pénurie de main-d'oeuvre. En Abitibi-Témiscamingue, le manque d'ingénieurs affecte durement le ministère des Transports du Québec (MTQ). La direction régionale s'est donc résolue à mettre en place une équipe au Saguenay, qui est entièrement consacrée aux travaux de l'Abitibi-Témiscamingue.

Un texte de Piel Côté

L'Université du Québec à Chicoutimi offrant le baccalauréat en génie civil, la disponibilité et la proximité de la main-d'oeuvre ont pavé la voie à ce projet exclusif aux régions d'Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay-Lac-St-Jean.

« Actuellement, on a quatre ingénieurs et quatre techniciens qui travaillent pour nous là-bas. L'objectif, c'est aussi de conserver l'expertise à l'interne au ministère », détaille Yves Coutu, directeur régional du MTQ.

M. Coutu mise également sur une ancienne collègue pour diriger la nouvelle équipe. La directrice de l'inventaire et du Plan pour le MTQ à Saguenay, Sonia Boucher, a déjà travaillé neuf ans en Abitibi-Témiscamingue avant de déménager.

« L'équipe du Saguenay assure une conception et une surveillance des travaux de structures pour les structures et les ponceaux de plus grandes dimensions de l'Abitibi-Témiscamingue », explique-t-elle.

Le MTQ désavantagé en termes de salaire

Le MTQ est toutefois désavantagé dans le recrutement lorsque vient le temps d'aborder la rémunération. La convention collective des ingénieurs de l'État prévoyait en 2016 un salaire de plus de 50 600 $, alors que la moyenne provinciale dépasse les 62 000 $, selon Genium 360, une corporation de services destinés aux professionnels en génie.

Qui plus est, les ingénieurs ont bénéficié dans le passé de primes d'attraction et de rétention qui atteignaient 8 % à la signature.

« Je ne vous cacherai pas qu'on travaille le dossier pour voir tout ce qui peut être mis en place pour assouplir les règles ou bonifier les échelles de salaire ou les primes ou quoi que ce soit », fait valoir Yves Coutu, qui cumule 35 ans d'expérience au MTQ.

Il croit toutefois que le problème dépasse le cadre salarial.

« Il n'y en a pas beaucoup qui sont originaires d'ici et pour des raisons familiales, de conjoint ou autre, ils restent un an, deux ans, trois ans et ils s'en retournent », témoigne-t-il.

Bien qu'on soit satisfait du système, il faudrait de six à huit ingénieurs supplémentaires au bureau de Rouyn-Noranda pour avoir une équipe complète.

Plus d'articles