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Pénurie de main-d'œuvre : le Groupe Maritime Verreault change sa stratégie d'embauche

Le Groupe maritime Verreault, aux Méchins, change sa stratégie de recrutement et de rétention de la main d'œuvre. Un changement important qui est incontournable aujourd'hui, selon une professeure en ressources humaines de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et la Fédération de l'industrie manufacturière.

Un texte de Jean-François Deschênes

Pour aider à mettre en place cette stratégie, le Groupe Maritime Verreault a engagé deux nouveaux cadres en ressources humaines.

Le vice-président exécutif, Simon Riopel, explique que, dorénavant, l'entreprise misera sur le développement des compétences de ses travailleurs dans le but de les garder plus longtemps.

Il y aura aussi un souci de mieux accueillir les nouveaux travailleurs et d'avoir une attention à leur intégration dans la communauté.

Auparavant, l'entreprise avait un objectif de quantité de travailleurs plutôt que qualité. « On misait beaucoup sur le nombre, un nombre visé. On avait besoin de 50 employés. On voulait atteindre ce nombre-là, mais on ne misait pas suffisamment sur le développement et sur la rétention des employés une fois qu'ils étaient à notre embauche. »

M. Riopel veut ainsi diminuer le va-et-vient important de la main-d’œuvre qui finit par coûter cher à l'entreprise. « C'est vraiment le nerf de la guerre. »

Mesures incitatives

Le conseiller de la Fédération de l'industrie manufacturière qui représente les travailleurs du Groupe Verreault, François Thivierge, constate une amélioration de la rétention des nouveaux travailleurs au chantier maritime.

Toutefois, il croit que la direction pourrait en faire davantage. Il suggère, entre autres, d'améliorer les horaires de travail que certains trouvent parfois difficile.

Il propose également de créer un partenariat avec des élus locaux pour inciter les familles à s'installer en région. « On ne participe pas activement à rendre ça attrayant pour les gens pour rester en région. »

Image de bon employeur

La professeure en gestion des ressources humaines de l'UQAR, Catherine Beaudry, estime que ce genre de stratégie de recrutement est essentielle aujourd'hui.

Elle ajoute que les entreprises doivent dorénavant développer leur image de bon employeur comme si elles vendaient un produit. « Il faut être capable de rendre publique, de diffuser ce qui nous distingue comme employeur. »

Les gens d'affaires de l'Est-du-Québec doivent faire face à une décroissance de la population qui se poursuivra encore une vingtaine d'années, précise Mme Beaudry, provoquée entre autres par la retraite des baby-boomers et les jeunes qui quittent la région.

Présentement, le Groupe Maritime Verreault emploie 200 travailleurs et en cherche une cinquantaine de plus.