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Pénurie de main-d'œuvre : quand un propriétaire enfile le tablier

La pénurie de main-d'œuvre est toujours criante dans des restaurants de Québec, en plein cœur de la saison touristique.

Un texte de Carl Marchand

La situation est telle que certains propriétaires doivent même enfiler un tablier pour aller prêter main-forte dans les cuisines.

C'est le cas de Stéphane Gendron, propriétaire de Rioux et Pettigrew et La Bonne étoile dans le secteur du Vieux-Port.

« De mettre du temps et de démontrer que je suis là pour eux, c'est juste de faire de la plonge de donner un coup de main à couper des légumes », explique M. Gendron, qui n'est pas cuisinier de formation.

Une quarantaine de personnes travaille dans ses deux établissements. Il lui faudrait quatre cuisiniers supplémentaires pour répondre à la demande. Or, trouver la main-d'œuvre qualifiée est un défi de tous les instants.

« Même mon père s'est offert de venir travailler de temps en temps à faire de la mise en place sur les tables », ajoute-t-il.

Propriétaire de restaurant depuis cinq ans, c'est cette année que la pénurie se fait le plus sentir. Après les cuisines, le manque de main-d'œuvre commence également à toucher les serveurs et les sommeliers.

Dans le contexte actuel, il faut limiter les changements de menu, mais aussi fermer lors de journées moins achalandées et accepter de servir moins de clients pour éviter d'épuiser le personnel.

Faciliter la venue de travailleurs étrangers

L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) prévient qu'il faudra patienter encore plusieurs années avant de voir une amélioration. Le manque de main-d'œuvre s'explique notamment par la baisse démographique qui a fait chuter les élèves dans les cours de formation professionnelle, estime l'organisation.

L'ARQ plaide pour une plus grande souplesse dans le calendrier scolaire. L'initiative du Collège Mérici à Québec de faire commencer les cours plus tard à l'automne aux étudiants en hôtellerie donne un bon coup de pouce.

Il faut aussi rendre plus facile le recrutement de travailleurs étrangers, plaide le porte-parole Martin Vézina.

« Si un restaurateur le fait par lui-même, c'est déjà 1500 dollars pour obtenir les autorisations, autant du gouvernement fédéral que du provincial », affirme M Vézina.

« À cela s'ajoute le lourd fardeau pour obtenir une étude d'impact sur le marché du travail. C'est un formulaire de 18 pages qui est extrêmement complexe avec lequel les entrepreneurs sont un peu laissés à eux-mêmes. »

Martin Vézina ajoute que des coûts de plusieurs milliers de dollars s'ajoutent pour assurer le transport d'un nouvel employé jusqu'au Québec.