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Perspectives économiques : celles du Yukon à la hausse et celles des T. N.-O. à la baisse

Alors qu'au Yukon, une reprise économique est à l'horizon, aux T. N.-O. ce sont des années sombres qui s'amorcent selon les dernières prévisions économiques du Conference Board du Canada.

L'Institut prévoit une croissance économique de 8,1 % au Yukon pour la prochaine année et une contraction de 2,9 % aux Territoires du Nord-Ouest.

Dans les deux territoires, c'est le contexte minier qui régit en très grande partie la situation.

Yukon

Le rapport du Conference Board affirme que l'arrivée prévue de trois nouvelles mines au Yukon change du tout au tout le contexte économique local et devrait assurer, une fois en exploitation, une croissance pour la prochaine décennie.

Le projet Eagle de Victoria Gold est présentement en construction près de Mayo, alors que la minière Goldcorp a signé lundi soir à Dawson une entente avec la Première Nation Tr'ondëk Hwëch'in pour le développement de son projet Coffee, un dépôt de cinq millions d'onces d'or.

Le grand projet Casino de la minière Western Copper and Gold représentera, s'il est réalisé, la plus grande mine du Nord canadien. Ces projets miniers s'ajouteraient à la mine Minto, la seule à avoir survécu le bas prix des métaux des dernières années.

Ces projets préserveront le bas taux de chômage que connaît déjà le Yukon, prévoient le Conference Board. En date du mois de mars, le taux de chômage au Yukon se situe à 2,7 %, soit le taux le plus bas au pays.

Un bémol toutefois, la population du Yukon vieillit plus rapidement que celle des territoires voisins ce qui selon l'institut mettra de la pression sur les dépenses du gouvernement.

Territoires du Nord-Ouest

Toujours en raison du secteur minier, aux Territoires du Nord-Ouest, c'est le ralentissement de la production des mines de diamant qui affectera l'économie. Les trois mines actuelles, Ekati, Diavik et Gaucho Kué, devraient cesser l'exploitation d'ici 2035.

Le Conference Board suggère que le ralentissement de ces mines aura un impact sur tous les aspects de l'économie du territoire, augmentant le taux de chômage et la migration des travailleurs vers d'autres provinces. D'ici 2040, 4000 emplois devraient être perdus et le taux de chômage pourrait atteindre 10 %.

Deux nouvelles mines sont toutefois attendues dans les cinq prochaines années, Prairie Creek de la minière Canadian Zinc en 2020, et la mine NICO de Fortune Mineral en 2022, mais le Conference Board ne croit pas qu'elles suffiront à combler le vide économique laissé par les mines de diamant.

La croissance économique devrait donc être nulle en 2019 puis à la baisse pour les 20 prochaines années.

L'institut note par ailleurs que la population vieillissante des Territoires du Nord-Ouest devrait tripler d'ici 2040 ce qui représentera des dépenses accrues pour le gouvernement.

Les Chambres des mines prudentes

Le directeur de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest, Tom Hoefer, affirme avoir trouvé le rapport du Conference Board « très décevant sinon carrément déprimant », mais qu'il n'y a pas de surprises. Son organisation s'inquiète de l'état de l'industrie depuis déjà une décennie.

Tom Hoefer croit qu'il en revient maintenant aux gouvernements d'attirer les investissements dans le secteur minier en priorisant le développement d'infrastructures et en signant les revendications territoriales autochtones

Au Yukon, le directeur de la Chambre des mines, Samson Hartland, ne veut pas se réjouir trop rapidement rappelant qu'il n'y a aucune garantie quant à l'approbation des évaluations environnementales des projets miniers. « Il est juste de dire que nous sommes prudemment optimistes. », conclut le directeur.

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