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Peu d’emplois pour les immigrants francophones dans le Nord de l’Ontario

La situation est paradoxale : le Nord de l'Ontario cherche à attirer davantage d'immigrants francophones, pourtant, sans la maîtrise de l'anglais, ces derniers peinent à trouver un emploi. Ils sont souvent contraints de quitter la région, déplorent certains organismes communautaires réunis lors d'une table ronde organisée par le Réseau en immigration francophone de l'Ontario (RIF).

Un texte de Justine Cohendet

« J’ai étudié que le Canada est un pays bilingue français et anglais. Je pensais que c’était en 50/50, mais en Ontario, la réalité, ce n’est pas ça », raconte Darline Davilus, diplômée en service social de l’Université Laurentienne.

Francophone, originaire d'Haïti, Darline Davilus est arrivée à Sudbury en 2013 pour faire ses études sans parler un mot d’anglais.

Au moment de chercher un stage, elle s’est heurtée à la barrière de la langue anglaise. « C’est difficile de trouver un organisme qui puisse t'accueillir, la majorité d’entre eux demandent que tu sois bilingue même si l’organisme est francophone », explique la jeune femme.

Après plusieurs mois de recherche, Darline Davilus a finalement trouvé un stage dans une garderie francophone.

Les difficultés rencontrées par Darline Davilus pour trouver un emploi sont loin d’être l'exception, selon plusieurs organismes.

Pas assez d'emplois francophones

« La réalité c’est que quelqu’un qui est unilingue francophone en Ontario va avoir des possibilités limitées pour pouvoir accéder à un emploi, s’ouvrir des portes », explique Monique Beaudoin, coordonnatrice en promotion de la santé du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury.

Haja Lucien, adjointe administrative au Réseau en immigration francophone de Sudbury fait le même constat. Elle déplore le fait qu’il y ait peu d’emplois pour les francophones dans la région.

« Malheureusement, le défi que beaucoup de francophones rencontrent même pour faire un stage à Sudbury, c’est que les employeurs sont anglophones », explique-t-elle.

Selon certains organismes communautaires, le nord de la province a besoin de plus d'emplois en français.

Darline Davilus abonde dans ce sens. Elle estime qu’un effort doit être fait du côté du gouvernement pour augmenter le nombre d’emplois disponibles dans la région.

« Il faut que le gouvernement et les organismes communautaires fassent pression pour augmenter le bassin d’emplois pour les francophones », explique-t-elle.

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