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Philippe Couillard défend sa récolte au Forum économique de Davos

Le premier ministre Philippe Couillard a défendu son bilan au Forum économique mondial de Davos, vendredi, au terme d'une semaine au cours de laquelle la consolidation d'emplois, et non les embauches, s'est retrouvée au coeur des annonces faites dans les alpes suisses.

Au cours de la semaine, Microsoft, ArcelorMittal et Siemens ont notamment renforcé leur présence au Québec dans le cadre d'investissements totalisant 640 millions de dollars, mais toutes ces multinationales ont indiqué que ces sommes serviraient essentiellement à maintenir des emplois actuellement en place.

« L'impact de la technologie est considérable, a dit M. Couillard. Avant, à chaque fois que l'on annonçait un investissement important, il fallait embaucher un grand nombre d'employés. Avec la technologie et l'automatisation, ce n'est plus le cas. »

La multinationale spécialisée dans l'énergie et l'automation ABB a également ajouté 20 millions de dollars de plus dans ses bureaux de Montréal pour un investissement qui atteint maintenant 90 millions de dollars. Le projet initial avait toutefois déjà été annoncé en 2015.

Dans le contexte de la « nouvelle économie », il faut plutôt apprendre à « valoriser la consolidation d'emplois », a expliqué M. Couillard, faisant valoir que cette récolte, au chapitre des investissements, était la meilleure des 15 dernières années.

Il a affirmé que l'environnement était encore plus concurrentiel et que le risque de voir des entreprises choisir d'autres sites était toujours bien présent. Par exemple, a illustré M. Couillard, si ArcelorMittal n'avait pas annoncé son investissement de 500 millions de dollars sur la Côte-Nord pour consolider près de 2500 emplois, ils auraient pu disparaître.

« Dans l'économie du 21e siècle, il faut apprendre à lire cette réalité », a fait valoir le premier ministre.

Celui-ci a également rappelé qu'en matière d'emploi, près de 86 000 nouveaux postes avaient été créés au Québec l'an dernier.

En plus d'avoir participé à une série d'ateliers, M. Couillard dit avoir tenu une quinzaine de rencontres économiques à Davos, notamment dans les secteurs de l'intelligence artificielle, de la pharmaceutique, de l'agroalimentaire, des transports et des mines.

Sous l'ombre de Trump

Le nom de Donald Trump s'est retrouvé sur bien des lèvres au 47e Forum économique de Davos, où de nombreux participants ont dit craindre de nouvelles guerres commerciales en raison des politiques protectionnistes du nouveau président des États-Unis.

« J'ai senti deux choses ici, a analysé M. Couillard. D'un côté, il y a des inquiétudes liées aux incertitudes. D'autres veulent prendre leur temps avant de réagir négativement. »

Le premier ministre s'est rangé dans le deuxième camp, préférant laisser du temps à la nouvelle administration américaine avant de s'inquiéter.

Les choses pourraient toutefois changer rapidement, puisque Wilbur Ross, désigné par M. Trump pour devenir secrétaire américain au Commerce, a prévenu que le nouveau gouvernement se pencherait rapidement sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

De plus, tout comme en 2006, le renouvellement de l'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis s'annonce épineux et pourrait une fois de plus bouleverser l'industrie forestière québécoise, qui représente 60 000 emplois directs.

« Vous savez, c'est long renégocier un accord de libre-échange et nous allons avoir des demandes, tout comme le Mexique », a dit M. Couillard, ajoutant qu'advenant la levée de l'ALÉNA, le traité de libre-échange avec les États-Unis serait l'option de repli.

Néanmoins, le premier ministre risque de passer plus de temps qu'à l'habitude au pays de M. Trump. Il dit avoir préparé un programme de « visites régulières » dans les États à proximité de la frontière ayant des liens commerciaux avec le Québec.

Si des turbulences économiques devaient découler des politiques mises de l'avant par le nouveau président américain, la province a une « marge budgétaire » suffisante à sa disposition pour réagir par exemple à une récession, a affirmé M. Couillard.

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