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Plainte contre Greyhound : une Franco-Ontarienne coincée 24 heures entre Blind River et Ottawa

Une Franco-Ontarienne est outrée du service qui lui a été offert par le transporteur par autocar Greyhound dans le nord de l'Ontario. Le 10 janvier dernier, son voyage de Blind River à Ottawa, qui aurait dû se faire en 10 heures environ, a plutôt pris 24 heures.

Julianne Smith-Brousseau vient d’Elliot Lake. D’aussi loin qu’elle se souvienne, sa famille et elle ont toujours utilisé les services de Greyhound.

Il y a une semaine, elle devait prendre l’autobus à 21h, depuis un Tim Hortons de Blind River, pour se rendre à Sudbury puis Ottawa.

Lorsqu'elle arrive à l'arrêt, il n'y a aucun transporteur à l’horizon. Mme Smith-Brousseau tente de s’informer en appelant aux stations de Sault-Sainte-Marie et de Sudbury, mais personne ne répond.

Elle raconte que même au service à la clientèle de la compagnie, personne n'était en mesure de lui fournir de plus amples informations. Sans nouvelles, Mme Smith-Brousseau et trois autres clients passent une nuit blanche à attendre l'autocar.

On a passé la nuit au Tim Hortons. J’ai dormi sur un banc !

Julianne Smith-Brousseau, cliente de la compagnie Greyhound

C'est finalement un chauffeur de Greyhound qui les informe que leur autobus est en panne, en raison des mauvaises conditions météorologiques.

« Ils mettent à risque [sic] la vie des gens qui doivent attendre dans les communautés rurales. J'avais la chance d'être dans un endroit près d'un café Tim Hortons, mais d'autres n'avaient pas ce luxe », s'indigne Julianne Smith-Brousseau, 35 ans.

Toronto avant Ottawa

La mésaventure de Mme Smith-Brousseau ne s'arrête pas là. Après neuf heures d'attente, un autocar arrive finalement à 6h le lendemain matin. Le hic, c'est qu'une fois à Sudbury, les passagers doivent attendre jusqu'à minuit pour prendre un second autocar vers Ottawa.

Plutôt que de proposer aux clients un endroit où se reposer, de la nourriture ou toute autre forme de dédommagement, Mme Smith-Brousseau raconte à Radio-Canada que le personnel les a plutôt placé dans un autre autobus vers Toronto.

Une fois dans la capitale de l’Ontario, les quatre passagers ont dû se procurer un nouveau billet de transport pour prendre un troisième autobus vers Ottawa.

« Ce qui me fâche le plus, c’est le monopole qu’a Greyhound [...] Ils ont tellement coupé [sic] dans leurs services. Aucune considération pour leurs clients », s’offusque la cliente d’Elliot Lake.

Julianne Smith-Brousseau a porté plainte contre Greyhound mardi. La compagnie lui a remis un coupon d’échange, mais elle est encore outrée du mauvais service et du peu d'autobus disponibles.

Réactions de Greyhound et du MTO

Allison Morrison, une porte-parole de la compagnie Greyhound, a indiqué par courriel que le délai vécu par Julianne Smith-Brousseau s’explique par les conditions routières difficiles.

Les autoroutes ont été fermées en raison du mauvais temps [...] Lorsque la police a donné le feu vert, nous avons repris nos déplacements.

Allison Morrison, une porte-parole de la compagnie de transport Greyhound

La compagnie précise qu'elle n'offre pas de compensations pour des situations considérées « hors de son contrôle ».

Le directeur des communications du ministère des Transports de l’Ontario (MTO), Bob Nichols, dit être conscient de la réalité des Ontariens du nord de la province.

Il rappelle que le MTO et le ministère du Développement du Nord et des Mines (MDNM) élaborent une Stratégie de transport multimodal pour le nord de l’Ontario qui examinera notamment le transport en autocar. L’initiative devrait voir le jour en début 2017.

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