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Poloz soutient Trudeau : il faut stimuler l'économie

Je ne sais pas si Stephen Poloz propage des « idées de gauche », mais toujours est-il que le gouverneur de la Banque du Canada est venu exprimer son appui aux mesures budgétaires du gouvernement de Justin Trudeau à Québec, mardi midi.

Un texte de Gérald Fillion

Alors que le candidat à la direction du Parti conservateur Tony Clement accusait, il y a quelques jours, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, de faire la promotion de politiques « de gauche » en appuyant les choix du gouvernement Trudeau pour stimuler l'économie, Stephen Poloz a fait la démonstration que le gouvernement du Canada n'a pas vraiment le choix : il doit aider ses travailleurs, ses entreprises, son économie.

En fait, il faut s'attendre à une faible croissance économique et à de faibles taux d'intérêt pour un bon moment encore, a-t-il dit. Pourquoi? Parce que notre population vieillit : la croissance de la population active décélère, alors que le nombre de retraités grandit. On ne cesse de revoir à la baisse le potentiel de croissance économique au Canada.

De plus, les incertitudes économiques font en sorte que les entreprises hésitent à investir. Il faut donc aider les jeunes entreprises à trouver du capital, selon Stephen Poloz, en les soutenant avec différents avantages fiscaux et des politiques d'immigration ouvertes.

Et donc, dans les circonstances, c'est un véritable appel en faveur des investissements dans les infrastructures qu'a lancé le gouverneur de la Banque du Canada devant 400 personnes des milieux d'affaires, des universités et du monde de l'économie à Québec, à l'occasion d'un rare discours dans la Vieille Capitale. Un dollar investi par l'État dans les autoroutes, dit Stephen Poloz, génère entre 1 et 3 $ de plus dans la production.

Il faut trouver et additionner des dixièmes de point de pourcentage de croissance pour relancer l'économie canadienne, a dit le gouverneur : en investissant dans les infrastructures, en signant de nouveaux accords de libre-échange, en faisant tomber les barrières entre les provinces du Canada.

En fait, Stephen Poloz est clair : c'est au gouvernement d'agir. L'effet stimulateur des taux d'intérêt très bas n'est plus le même qu'avant la crise financière de 2007-2009. C'est à l'État de prendre le relais et les solutions qu'ils proposent nécessitent toutes une intervention solide et active des élus. La Banque du Canada n'a plus vraiment les moyens d'agir, sauf de maintenir sa politique accommodante, avec des taux d'intérêt très faibles.

Si les taux faibles font l'affaire des familles qui s'achètent une maison ou ceux et celles qui ont des hypothèques à taux variable, ils demeurent très décevants pour les retraités. Il faut s'y faire, a dit Stephen Poloz, vous devrez trouver de nouvelles sources de revenus pour atteindre vos objectifs de retraite. Les taux d'intérêt sont faibles et vont le rester encore. Il y a pour 10 000 milliards de dollars américains d'obligations gouvernementales sur la planète qui affichent des rendements négatifs!

Ce discours est important. Il nous aide à comprendre l'état de notre économie, sa structure. Loin des intérêts partisans, Stephen Poloz a présenté un portrait lucide et préoccupant de l'économie canadienne. Les familles sont endettées, les retraités n'auront pas les rendements financiers attendus, la croissance ne cesse de ralentir, les entreprises hésitent à investir.

L'heure est donc à l'action, d'autant que le résultat de l'élection américaine représente de plus en plus une énigme, une incertitude grandissante.

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