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Port de Churchill : une entente entre un groupe de Premières Nations et Omnitrax

Un protocole d'entente a été conclu pour vendre le port de Churchill et la ligne ferroviaire qui le relie au sud du Manitoba, mais un chef des Premières Nations critique le gouvernement fédéral pour son manque de soutien.

Le propriétaire du port, la compagnie Omnitrax Rail basée aux États-Unis, a signé un protocole d'entente de 20 millions de dollars avec Missinippi Rail LP, un consortium de Premières Nations.

L’entente d’achat du port et de la ligne ferroviaire a été signée le 31 mai par Kevin Shuba, le PDG d'Omnitrax, et Arlen Dumas, chef de la Première Nation de Mathias Colomb.

Le chef Dumas est heureux que l’entente ait été conclue, mais il critique le gouvernement fédéral pour son manque de soutien en arrivant vers les dernières étapes des négociations. Il soutient que Missinippi est prêt à « aller seul » dans l’entente avec Omnitrax.

L'accord verrait Omnitrax financer le transfert de ses actifs par un prêt à Missinippi.

« Je suis frustré parce que nous avons travaillé très fort et pris l’initiative de trouver une solution viable pour le Nord. De voir le gouvernement fédéral nous couper l’herbe sous les pieds est choquant et un manque de respect pour tout ce que nous avons accompli, déclare M. Dumas dans une entrevue exclusive à CBC. Nous avions permis au gouvernement fédéral d’être partenaire pour nous aider à aller de l’avant. »

En juillet 2016, Omnitrax a annoncé la fermeture du port et a réduit le nombre d’expéditions ferroviaires sur la ligne de chemin de fer. Une inondation ce printemps a laissé plus d'un kilomètre de rail sous l'eau et a approfondi les préoccupations concernant l'approvisionnement de plusieurs collectivités du Nord, y compris Churchill.

Le rôle des gouvernements

Les problèmes qui ont frappé la ligne ferroviaire et le port de Churchill sont gérés par le bureau du ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains.

M. Bains n’était pas disponible pour une entrevue, mais un porte-parole du ministre a écrit dans un courriel que le gouvernement fédéral surveille de près la situation actuelle des inondations dans toute la région et travaille chaque semaine à trouver une solution pour le port et la ligne ferroviaire.

Le chef Dumas dit qu'il attend également un signe de soutien de la province du Manitoba.

« Nous reconnaissons l'importance de cet actif pour le développement économique du nord du Manitoba, mais il serait inapproprié pour la province de spéculer sur la nature des négociations commerciales privées entre des tiers, déclare un porte-parole du ministre de la Croissance, de l'Entreprise et du Commerce du Manitoba, Cliff Cullen. Nous encourageons toutes les parties à poursuivre une résolution qui est dans l'intérêt de l'économie et des personnes qui appellent cette région leur chez-soi. »

Missinippi Rail n'est pas le seul consortium

Le chef de la Première Nation Mathias Colomb fait aussi face à une résistance dans sa propre communauté par rapport à l'accord ferroviaire et portuaire.

Le chef Christian Sinclair de la Nation crie d'Opaskwayak n'est pas sûr que le groupe Missinippi ait le soutien que M. Dumas promet.

Le chef Sinclair et le maire de Churchill Mike Spence dirigent One North, un deuxième consortium qui travaille à trouver une solution pour le port. Ce groupe représente les communautés et les Premières nations le long de la ligne ferroviaire.

« Nous [One North] avons non seulement un soutien régional [des communautés des Premières nations], mais le soutien des municipalités et des communautés jusqu'à la région Kiviliq du Nunavut », soutient le chef Sinclair.

Le chef Dumas souligne que Missinippi Rail est composé d’un consortium d'environ 15 collectivités du nord du Manitoba et que l'offre d’en faire partie est ouverte à toutes les Premières Nations de la région. Il fait aussi remarquer que Missinippi est le seul groupe avec un protocole d’entente sur la table.

« Beaucoup de gens peuvent avoir des aspirations et des désirs, mais ils doivent avoir des résultats tangibles. Mon protocole d'entente parle pour lui-même », déclare le chef Dumas.

La nouvelle entité aurait un conseil d'administration autonome et des gestionnaires expérimentés seraient embauchés pour gérer l'entreprise.

Avec les informations de Sean Kavanagh, CBC

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