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Privatisation de SaskTel : une « terrible, horrible, très mauvaise idée », selon un expert

Le directeur du Centre canadien de politiques alternatives en Saskatchewan qualifie l'idée du premier ministre Brad Wall de privatiser la société d'État SaskTel de « terrible, horrible, pas bonne » et « très mauvaise ».

Simon Enoch a publié un article en ligne jeudi, au lendemain de l’annonce du premier ministre de la province qu’une offre avantageuse pour l’achat de la société d’État, si elle survient, devra être étudiée.

Dans cet article, le directeur du Centre canadien de politiques alternatives en Saskatchewan conclut que la province serait mieux servie avec une société de télécommunications publique plutôt qu'une entreprise privée.

Lors du congrès de l’Association des municipalités urbaines de la Saskatchewan (SUMA) mercredi, Brad Wall a laissé entendre qu’il sera prêt à laisser les Saskatchewanais décider par référendum si une offre pour acheter SaskTel se présente.

Simon Enoch examine plusieurs variables pour déterminer si la province serait mieux servie avec une société de télécommunications privée ou publique. Il se penche notamment sur l'abordabilité, l'accès au service, la qualité du service et le retour sur investissement.

Le seul argument valable pour privatiser la société d’État, selon lui, serait que la province pourrait utiliser le profit de la vente de SaskTel pour éliminer sa dette évaluée à 4 milliards de dollars.

 Cette décision manquerait incroyablement de vision, à mon avis, même si nous prenons l’argument au sérieux, nous verrons qu’il n’en vaut tout simplement pas la peine. 

Simon Enoch, directeur du Centre canadien de politiques alternatives en Saskatchewan

Selon le directeur, la valeur de SaskTel est évaluée à 2,3 milliards de dollars, ce qui serait insuffisant pour éponger la dette de la province.

« Le coût pour la province de perdre les tarifs les plus abordables, l'accès au service en milieu rural, l'investissement dans les infrastructures essentielles et les dividendes annuels en millions de dollars en échange de produits de la vente qui pourraient seulement éliminer un quart de la dette d'exploitation de la province serait la décision la plus téméraire, pensée à court terme, de l'histoire de la Saskatchewan », conclut Simon Enoch.

Vendredi, le gouvernement de la Saskatchewan a réitéré l'intention de Brad Wall de tenir un référendum sur la vente de SaskTel si une offre se présente.

Selon un porte-parole, aucune offre n'a encore été présentée.

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