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Privatiser Alcool NB serait rentable pour le gouvernement

La Société des alcools du Nouveau-Brunswick (ANBL, ou Alcool NB) rapporterait davantage au gouvernement si elle était privatisée. La fin du monopole d'État permettrait d'engranger de 45 à 52 millions de dollars en revenus annuels supplémentaires.

Dans une étude sans précédent, l’Institut Donald J.Savoie de l’Université de Moncton ouvre la réflexion sur la privatisation de la Société des alcools du Nouveau-Brunswick.

« Il est possible, avec un modèle privatisé, que le gouvernement du Nouveau-Brunswick reçoive des revenus similaires, voire légèrement supérieurs au modèle actuel. Cette conclusion dépend de plusieurs hypothèses, dont une : c’est la marge bénéficiaire des détaillants qui vendraient les produits alcoolisés », explique Pierre-Marcel Desjardins, associé au projet de l’étude pour l’Institut Donald J.Savoie de l’Université de Moncton.

L’étude, intitulée Que faire avec la Société des alcools du Nouveau-Brunswick ?, suggère que les gains de la privatisation issus d’une taxe sur les ventes d’alcool seraient supérieurs aux profits actuels d’Alcool NB.

Les consommateurs grands gagnants de la privatisation

Vous pourriez vous procurer de la bière, du vin ou des spiritueux dans des dépanneurs et des boutiques spécialisées. Le monopole serait remplacé par la libre concurrence, ce qui aurait un impact non seulement sur l’accessibilité de l’alcool, mais aussi le choix et même le prix - bien que cela ne constitue pas une réduction importante, estime Pierre-Marcel Desjardins.

Le professeur d’économie soutient que cette plus grande accessibilité pourrait être bénéfique, particulièrement en région rurale.

Il y aurait plus de choix et plus de diversité d’alcools. « Il pourrait y avoir certaines boutiques spécialisées qui pourraient développer des vins, des spiritueux et des bières hauts de gamme », dit-il.

Des pertes d’emplois et des fermetures

Alcool NB détient le monopole sur l’importation et la distribution de l’alcool au Nouveau-Brunswick. Son démantèlement entraînerait la fin des magasins Alcool NB, qui seraient remplacés par des établissements issus de l'entreprise privée.

Le démantèlement de la société des alcools du Nouveau-Brunswick entraînerait aussi des pertes d’emplois.

Pierre-Marcel Desjardins indique que les coûts de transition ne font pas partie de l’étude et qu’il faudra les inclure dans toutes décisions éventuelles. « Est-ce que les coûts de transition sont tellement importants ? Cette évaluation des coûts de transition n’a pas été incluse dans l’étude. Encore une fois, on voulait alimenter le débat ».

Un autre scénario

L’étude propose également un autre scénario, dans l’éventualité où le gouvernement ne souhaiterait pas démanteler Alcool NB. L’auteur recommande que ANBL s’allie avec d’autres sociétés des alcools, comme la LCBO en Ontario ou la SAQ au Québec.

M. Desjardins affirme que cela pourrait accroître le pouvoir de négociation lorsque vient le temps d’acheter des producteurs ou des importateurs des exportateurs de différents pays.

« Si on peut acheter des produits à moindre coût, soit qu’on augmente les profits de la Société ou qu’on partage une partie des bénéfices avec les consommateurs. Donc c’est une source supplémentaire de gains » dit Pierre-Marcel Desjardins.

Alcool NB pourrait par ailleurs explorer des partenariats avec la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard

Réactions

La ministre responsable d’Alcool NB, Cathy Rogers, rapporte : « Nous apprécions la perspective que cette étude fournit et nous sommes satisfaits des commentaires en ce qui concerne les options qui pourraient être examinées dans le but d’améliorer l’efficacité. La Société des alcools du Nouveau-Brunswick contribue de manière importante aux recettes annuelles du gouvernement provincial. Il s’agit d’une organisation axée sur les besoins de la clientèle, et elle assure un excellent service aux gens du Nouveau-Brunswick. »

Le porte-parole d’Alcool NB, Mark Barbour, indique n’avoir reçu l’étude que le 26 avril. Aussi, « ANBL doit prendre le temps de bien analyser cette thèse avant d’être en position de faire des commentaires », souligne-t-il.

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