Retour

Produire des larves à grande échelle... à Sherbrooke

Voilà maintenant deux ans que les entrepreneurs Jean-François Dépelteau et Cédric Provost perfectionnent leur technique de production de farine d'insectes. Après avoir déménagé leur production de leur sous-sol à un local à Sherbrooke, ils sont à la recherche d'un espace dix fois plus grand.

« Pour que ce soit rentable, il faut que ce soit un processus qui se fasse à très grande échelle », soutient M. Dépelteau.

Leur produit n’est pas encore commercialisé que déjà, les deux propriétaires d’Entosystem voient grand.

« On voit beaucoup d'intérêt pour l'alimentation à base d'insectes. Pour l'instant, notre focus, c'est vraiment pour les animaux, mais éventuellement, on est tout à fait ouverts à développer des chaînes de production pour consommation humaine », explique-t-il.

Jusqu'à 300 000 oeufs

Pour l’instant, les milliers de larves de mouche soldat noires qu’ils produisent seront transformées, après une vingtaine de journées de vie, en farine. Mais avant, il faut sécher la larve et la broyer. Le résultat, c’est une farine à 65 % de protéines.

« Tout ce qu'elles font ici, c'est se reproduire. Elles vont pondre des oeufs, on va récolter leurs oeufs dans des petites plaquettes [et] dans une plaquette, il peut y avoir 300 000 oeufs, on va les mettre en incubation, et ça devient des petites larves », affirme M. Provost.

Ces larves grossiront ensuite rapidement en se nourrissant de résidus organiques qui, de toute façon, ont 40 % de se retrouver à la poubelle.

« Ce qu'on vise c'est de détourner 40 000 tonnes de matières organiques par années. On récupère ces matières-là qu'on va donner à nos insectes, qui eux vont les transformer dans leur corps en protéines et en gras. Tous des nutriments vraiment essentiels pour nourrir des animaux d'élevage », résume-t-il.

Selon le chef de la recherche et du développement, Christopher Warburton, il y a plusieurs avantages à cette façon de faire.

« Ça remplace quasiment complètement la protéine de soya ou de poisson, qui n’est pas du tout écologiquement responsable. Et ces animaux, les poulets et les poissons, mangent naturellement des insectes [qui contiennent] des propriétés antibactériennes, probiotiques et prébiotiques », énumère-t-il.

La prochaine année s’annonce occupée pour Entosystem. À la fois la commercialisation de leur farine et le déménagement sont prévus au cours des prochains mois.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau