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Produits marins : la Chine compenserait la perte de l’ALENA selon la N.-É.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse croit que l'exportation croissante de produits de la mer vers l'Asie et l'Europe ferait contrepoids à la perte de l'Accord de libre-échange nord-américain, à supposer que les négociations en vue du renouvellement de l'entente échouent.

« La demande pour nos produits de la mer, principalement en Asie et en Chine, dépasse largement de ce que nous perdrions du côté américain », a déclaré le sous-ministre provincial des Pêches et de l’Aquaculture, Frank Dunn, mercredi, devant un comité de l’Assemblée législative.

Le portrait de l’industrie des pêches présenté par M. Dunn et un autre haut fonctionnaire était résolument optimiste.

Ils ont rappelé que la valeur des exportations de produits marins de la province a doublé depuis cinq ans pour atteindre 1,8 milliard de dollars.

« Nous sommes les meneurs [dans ce domaine] au Canada, a dit Scott Hosking, directeur du développement des entreprises au sein du ministère des Pêches.

Les deux fonctionnaires estiment que la valeur des exportations finira par atteindre 3 milliards de dollars dans un avenir plus ou moins lointain.

Cette croissance n’est pas le fruit d’une hausse des exportations vers les États-Unis, font-ils remarquer. La Nouvelle-Écosse y exportait 80 % des produits de la mer au début des années 2000 et ce pourcentage a baissé à 52 %, selon les derniers chiffres disponibles.

L’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe, entré en vigueur en septembre, offre d’autres possibilités de croissance des ventes pour les producteurs néo-écossais, a estimé M. Hosking. L’entente a fait tomber la presque totalité des tarifs douaniers appliqués aux produits de la mer canadiens.

« Nous recevons déjà des appels de l’Italie, de l’Espagne, même de la France », a mentionné le fonctionnaire.

La Chine a dépassé l'Europe comme marché d'exportation

C’est toutefois la Chine qui représente le plus grand potentiel pour les exportateurs de la Nouvelle-Écosse.

Déjà, elle a dépassé l’Europe comme deuxième marché d’exportation de la province : 14 % de ses produits marins y sont expédiés comparativement à 11 % pour l’Europe.

Scott Hosking estime que la demande en Chine augmentera de 16 millions de tonnes d’ici 2020. À l’heure actuelle, la Nouvelle-Écosse ne pêche que 1,5 % de ce chiffre.

« La demande en Chine défie l’entendement », a lancé M. Hosking devant le comité des comptes publics.

Exportation de méduses?

Signe de la forte demande dans ce marché, la Nouvelle-Écosse évalue le potentiel d’exportation de méduses.

Bien des gens dans le monde les considèrent comme des indésirables, mais lors d’une récente mission commerciale, des officiels Chinois ont demandé aux délégués néo-écossais s’il y en avait dans les eaux canadiennes parce qu’il n’en resterait plus en Chine.

« [Les méduses] sont prisées en Chine, a dit M. Hosking. Ils les apprêtent de toutes sortes de manières : dans des sauces, frites même [...]. Il y a peut-être là une occasion d’affaires. »

Frank Dunn a affirmé que les États-Unis seraient toujours un marché d’exportation important si l’ALENA disparaissait. Des tarifs douaniers seraient alors appliqués aux produits de la mer canadiens, mais on ignore à combien ils s’élèveraient.

Le PDG d’une grande entreprise de pêche de la Nouvelle-Écosse, Ian Smith, de Clearwater Seafood, se disait toutefois d’avis récemment que les Américains auraient peu d’appétit pour une hausse des prix des produits marins qu’ils consomment.

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