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Projet Authier : les citoyens demandent à nouveau un BAPE

La minière Sayona Québec a fait face à une forte opposition lors de sa consultation publique qui avait lieu, hier soir à Amos, alors que des dizaines de citoyens ont critiqué le choix de la minière d'éviter une analyse par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

« Pour la minière, c’est un petit projet, mais pour nous autres, c’est un gros projet. Moi, je pense que se questionner avec le BAPE, ce serait plus rassurant pour la population ici », a déclaré l’Amossoise Sylvie Champagne.

La porte-parole du Comité citoyens de protection de l’esker, Élise Blais Dowdy, a demandé aux citoyens qui souhaitaient un BAPE de se lever. Plus du ¾ ont obtempéré pour démontrer leur appui.

Les appels à ce que le projet soit soumis au BAPE sont aussi parvenus d’organismes, dont la Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue (SESAT). Leur président, Serge Bastien, a argumenté avec le porte-parole de la minière, notamment sur les délais du processus.

Leur directeur, Olivier Pitre, ne comprend pas quant à lui, l’entêtement de la minière. « Il y a vraiment un problème insoluble qui est le format de la consultation », a-t-il martelé.

Sayona se défend et la Ville d'Amos ne change pas de position

Le porte-parole de Sayona Québec, Marc Parson, explique avoir choisi le processus d’évaluation actuelle, parce qu’il est plus rapide et permet de répondre aux impératifs du marché du lithium. « Oui, c’est très important que nous soyons sur le marché international rapidement. Si nous voulons avoir une place enviable », a-t-il déclaré, en précisant que le processus du BAPE serait beaucoup trop long.

Contrairement à ce que plusieurs citoyens ont affirmé lors de l’assemblée, il prétend que la minière aurait les moyens financiers pour passer au travers du processus du BAPE.

Le maire d’Amos, Sébastien d’Astous, a déclaré à la fin de l’assemblée que la municipalité ne demandait toujours pas de BAPE. « Je vais attendre de voir le résultat de l’analyse de l’étude d’impact (par les spécialistes de la Ville) », a-t-il souligné.

M. D’Astous justifie sa position pour une « question de crédibilité ». « On a un échantillon de la population, des gens qui sont inquiets, il y a des gens que je rencontre qui me disent qu’ils sont rassurés, a-t-il affirmé. Faut voir comment Sayona Mining fait ses consultations publiques, si c’est crédible et s’ils répondent à la population et c’est ce qu’on est en train de faire. »

Le Comité citoyen ne lâchera pas le morceau

La porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker, Élise Blais Dowdy, a réinvité les élus de La Motte et Amos a réclamé un BAPE. « De demander un BAPE, c’est de s’assurer une transparence et la confiance de la population, a-t-elle affirmé. Nous, on les invite fortement à aller dans ce sens. »

Sayona Québec entend bien multiplier ses démarches avec les différents acteurs du milieu, jusqu’à l’obtention de l’appui des citoyens.