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Projet de loi sur Uber et le taxi : le consommateur gagne quoi ?

Le projet de loi que dépose Jacques Daoust sur le transport par taxi a pour objectifs d'améliorer l'offre de service, de protéger les chauffeurs actuels et d'éjecter le géant Uber, dont le modèle ne cadre pas dans un marché de permis et de quotas. Contrairement à Ottawa, Toronto, Calgary et Edmonton, le législateur épaissit la barrière à l'entrée du marché pour Uber. Dans les villes ontariennes, on a plutôt choisi de faire une place à Uber tout en aidant les chauffeurs de taxi traditionnel.

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

Pourquoi le Québec pense-t-il que son modèle est meilleur que celui adopté par d'autres villes, qui ont plutôt opté pour des redevances versées par Uber sur les courses?

Je pense que nous connaissons aujourd'hui tous les arguments favorables et défavorables à Uber. Je pense aussi que nous comprenons qu'UberX est illégal dans le cadre actuel et que l'État devait donc finir par se prononcer à savoir si ce service allait demeurer illégal ou être intégré dans la loi.

Maintenant, une fois que tout cela a été dit et discuté, le ministre des Transports Jacques Daoust affirme que son projet de loi a pour objectif de mieux servir le consommateur. On peut douter de cette intention. Oui, le service sera meilleur si les compagnies de taxi améliorent la propreté, la facilité de paiement, la courtoisie. Mais, qu'en est-il du prix?

En quoi la disparition d'Uber et l'introduction de la modulation des prix dans les taxis vont-elles améliorer le service pour les consommateurs? En quoi la réduction de l'offre de transport en commun et l'augmentation des prix vont-elles améliorer le service pour les consommateurs?

L'entrée d'Uber dans le marché québécois a été cavalière, tentant de forcer les règles et les lois, poussant nombre de chauffeurs dans une angoisse financière certaine, qui existait déjà dans bien des cas. Ça, c'est clair. Mais, si le projet de loi vient remettre de l'ordre dans le marché et permet de mieux protéger les chauffeurs, peut-on en dire autant du consommateur?

La modulation des tarifs réduit notre capacité, comme consommateur, à prévoir nos dépenses. Cette modulation s'appliquera dorénavant dans l'ensemble de l'offre de transport par taxi. De plus, le gouvernement du Québec a décidé, dans son projet de loi, de réduire de deux à une inspection d'auto par année, prétextant que les automobiles sont aujourd'hui meilleures. Peut-être. Mais on ne peut pas dire que le service est ainsi amélioré.

Le gouvernement a choisi de protéger les chauffeurs actuels, le marché, les quotas, les permis. Le gouvernement privilégie un modèle comme Téo Taxi, qui loue des permis pour faire travailler ses chauffeurs. C'est le choix qui a été fait. Il était temps que le gouvernement fasse son lit.

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