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Projet de mégacamping à Shediac : les valeurs de l'Église anglicane pourraient jouer

La paroisse anglicane de Shediac, au Nouveau-Brunswick, peut mener à de plus grandes valeurs morales dans le projet controversé de mégacamping, selon un expert en sciences religieuses.

La paroisse figure dans les documents de l’étude provinciale d’impact environnemental du projet en tant que promoteur. L’idée de construire un camping de plus de 600 emplacements suscite beaucoup d’opposition dans la communauté.

L’évêque anglican de Fredericton, David Edwards, a déclaré cette semaine que le projet ne peut être réalisé sans son approbation, mais il n’y a pas encore de proposition officielle. Il a ajouté que lui-même, le diocèse et la paroisse doivent d’abord s’entendre.

L’Église anglicane doit tenir compte de ses valeurs dans le cadre de la controverse, selon le révérend David Neelands, doyen de la faculté des sciences religieuses du Collège Trinity, à Toronto.

Il explique que l’Église anglicane doit déterminer si sa volonté de réaliser le projet est conforme à l’évangile chrétien, qui établit comme priorité l’amour de son voisin. Si l’on veut faire quelque chose qui ne représente pas l’amour de son voisin, souligne-t-il, il faut y réfléchir à nouveau.

Une réunion publique serait possible

David Neelands affirme que la paroisse pourrait organiser une réunion pour inviter les voisins à s’informer du projet et donner leur avis.

La paroisse anglicane de Shediac est propriétaire du terrain de 32  hectares où le camping de 600 à 700 places serait construit.

Selon les dossiers de Service Nouveau-Brunswick, le terrain était évalué à 200 000 $ l’an dernier. L’impôt foncier était 5430 $.

Selon la liste des organismes de charité reconnus par l’Agence du revenu du Canada, les actifs de la paroisse s’élevaient à près de 5 millions de dollars en 2015, mais aucun terrain n’y figurait.

La paroisse joue un rôle important

David Neeland précise que l’Église anglicane valorise ses autorités locales, y compris ses paroisses. Selon lui, la paroisse de Shediac a un grand rôle à jouer, mais l’évêque Edwards a quand même l’autorité nécessaire pour rejeter le projet une fois qu’il connaîtra les détails.

Cette autorité est reconnue par la loi du Nouveau-Brunswick sur l’Église anglicane, qui stipule que: « Le Synode ne peut donner à bail, vendre, hypothéquer ni aliéner de quelque autre façon des biens réels sans l'approbation de l'évêque. »

Il est étrange que l’évêque Edwards ne soit pas au courant des détails du projet de mégacamping, ajoute David Neeland. Il tente d’expliquer cela en disant que l’idée est peut-être d’origine locale et qu’elle ne fait qu’arriver au bureau central.

D’après le reportage de Jacques Poitras, CBC

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