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Projet de tramway à Québec : le Kamouraska aux aguets

Lors de son passage à Québec la semaine dernière, Justin Trudeau a promis « des centaines de millions de dollars » au maire Régis Labeaume pour un éventuel tramway. Cet engagement du premier ministre a suscité l'attention des élus du Kamouraska. À commencer par celle du maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, qui y voit une occasion d'affaires pour l'usine de Bombardier.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Si le maire est heureux de voir l'usine fonctionner à plein rendement en ce moment, il reconnaît que ce régime est précaire puisque l'usine vogue au gré des contrats qui lui sont octroyés. Que la Ville de Québec songe à nouveau à un tramway comme projet de transport collectif a de quoi faire naître un certain espoir à La Pocatière.

Sylvain Hudon croit fermement que Régis Labeaume saura présenter un projet qui convaincra les deux paliers de gouvernement d'y investir des fonds. Le maire de La Pocatière affirme par ailleurs qu'il a hâte de rencontrer le maire de Québec à nouveau « Je vais lui rappeler qu'il fait un excellent travail, disons », ironise Sylvain Hudon.

Une locomotive

De son côté, le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy, tient à rappeler l'importance de l'usine de Bombardier pour toute la région. Il souhaite donc que le projet de tramway de Québec ne soit pas repoussé du revers de la main à nouveau.

Du même souffle, Yvon Soucy réitère que les nouveaux projets de transport collectif que veut implanter la nouvelle administration montréalaise permet d'espérer un carnet de commande bien garni à La Pocatière. « Le métro, le REM, le tramway. Si on pouvait avoir notre part dans tous ces dossiers-là, ce serait magnifique », affirme le préfet.

Actuellement, plus de 600 personnes travaillent à l'usine Bombardier de La Pocatière.

En bonne position

En plus de répondre aux exigences de contenu local, Bombardier Transport propose une gamme de tramway capable d'affronter les rigueurs de l'hiver. Cette gamme, appelée Flexity, est déjà utilisée dans des villes comme Toronto et Edmonton. Certaines de ces voitures ont aussi été livrées en Suède, en Pologne et en Autriche.

Bombardier aurait toutefois de la compétition pour décrocher cet important contrat. La firme allemande Siemens est maintenant inscrite au registre des lobbyistes et pourrait bien tenter de ravir les contrats de Québec et de Montréal.

« Ça demeure des opportunités en or. Avec le marché américain qui se ferme, je suis convaincu que Bombardier fera tout pour que l'usine de La Pocatière ait sa voix au chapitre », conclut Yvon Soucy.

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