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Protection de zones marines : réticences chez les pêcheurs en Atlantique

Le plan du gouvernement fédéral pour la protection de zones marines inquiète des groupes de pêcheurs dans les provinces de l'Atlantique.

Les zones protégées sont établies aux fins de conservation des espèces à risque. Les activités humaines comme la pêche ou l’extraction d’hydrocarbures peuvent y être interdites.

Le gouvernement fédéral s’est engagé à protéger 10 % des eaux canadiennes d’ici 2020. Il est question de protéger 525 000 km carrés au total.

Des groupes de l’industrie des pêches ont exprimé leurs préoccupations à ce sujet devant un comité parlementaire, cette semaine.

Les conséquences sur toutes les pêches au Canada seront énormes, selon Ian MacPherson, directeur général de l’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard. Si des pêcheurs doivent déménager à cause de nouvelles zones protégées, l’économie provinciale sera déchirée, ajoute-t-il.

Pêches et Océans Canada envisage de créer une zone protégée près de la côte nord-ouest du Cap-Breton. À l’heure actuelle, 156 pêcheurs de crabe exercent leurs activités dans ce secteur. La valeur de leurs débarquements s’élève à 32 millions de dollars par année.

Leonard LeBanc, directeur du groupe de pêcheurs Gulf of Nova Scotia Fleet Planning Board, critique l’idée de protéger cette zone. Il remet en question la planification, l’organisation et la transparence du processus de consultation du ministère. Il a du mal à comprendre pourquoi cette zone a été choisie et comment cela toucherait la pêche.

Bernadette Jordan, députée de South Shore — St. Margarets, affirme que la désignation d’une zone protégée n’entraîne pas nécessairement la fin de la pêche. Elle croit que le gouvernement peut atteindre son but. Elle dit se réjouir des progrès en la matière et croire qu’il faut écouter tous les intervenants.

Jordan Nickerson, de l’entreprise Ship's Lobster Pound, à Woods Harbour, en Nouvelle-Écosse, explique que la création d’une zone protégée dans le canyon Corsaire, près du banc George, lui avait fait perdre la moitié de son territoire de pêche au crabe. L’entreprise a toutefois pu capturer suffisamment de crabes ailleurs pour rentabiliser la pêche.

Des environnementalistes ont aussi donné une présentation devant le comité parlementaire. Ils ont approuvé le plan de protection et encouragé le gouvernement à poursuivre sur cette voie.

D’après le reportage de Paul Withers, CBC

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