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Quai désuet à Rimouski : des pêcheurs disent risquer leur vie

« En mer, c'est moins dangereux qu'après le quai », s'exclame Claude Gosselin. Le pêcheur de crabe raconte avoir bravé la tempête cette nuit pour éviter que son bateau ne soit endommagé au quai de Rimouski.

Un texte d’Édith Drouin

Claude Gosselin n’est pas seul, de nombreux pêcheurs n’ont pas fermé l’œil de la nuit à Rimouski. Deux équipages ont pris la décision d’aller en mer pour protéger leurs embarcations, tandis que d’autres sont restés au port pour surveiller leurs bateaux.

Les pêcheurs affirment que la jetée du quai n’est pas assez longue pour protéger les bateaux des vents du nord-est. Les embarcations se fracassent contre le ponton dans ces conditions.

Cette nuit, des bateaux ont été endommagés, selon le pêcheur de crabe Marc Doucet. Des amarres se sont cassées et des défenses se sont défaites.

Marc Doucet a choisi de partir au large pour protéger son équipement. Il est convaincu qu’il n’aurait plus de bateau s’il n’avait pas pris cette décision. Il déplore qu’il soit plus sécuritaire d’affronter des vagues de quatre à six mètres que de rester à quai.

Marc Doucet explique qu’il peut devenir dangereux de tenter d'amarrer un bateau au quai lorsque les éléments se déchaînent. Des pêcheurs ont failli se retrouver à l’eau cette nuit.

Claude Gosselin, lui, calcule que la nuit lui aura coûté cher. Il devra remplacer des défenses à 500 $. Il dit aussi avoir dépensé entre 400 $ et 500 $ d’essence pour rester en mer en attendant que les vents se calment.

Prolonger la jetée

Les pêcheurs demandent que la jetée du quai soit allongée pour mieux protéger les embarcations. Ils disent réclamer ce changement depuis plusieurs années à Pêches et Océans Canada.

René Landry, président de l’Association des pêcheurs de crabe de la zone 17, affirme qu’une délégation s’est rendue à Ottawa pour discuter du sujet et que des plans et devis ont été faits. Il se demande pourquoi Ottawa tarde à agir.

Pêches et Océans Canada affirme que la prolongation du brise-lame est une priorité et que les discussions à cet effet se poursuivent.

Le maire de Rimouski, Marc Parent, affirme être en contact avec le ministère à ce sujet. « J’ai confiance que le bon sens va primer et que dans les prochaines semaines, les prochains mois, on pourra avoir des annonces intéressantes à ce niveau-là. »

Le ministère invite pour l'instant les utilisateurs du quai à amarrer leurs bateaux du côté ouest de la jetée lorsque les vents soufflent du nord-est. Pêches et Océans Canada dit aussi poursuivre les discussions avec la Ville de Rimouski pour lui céder les infrastructures.

Un quai désuet

Au-delà des problèmes liés à la jetée, les pêcheurs se demandent à quoi servent les frais qu’ils paient pour s’amarrer au quai.

Ceux interrogés par Radio-Canada disent payer de 1000 $ à 1500 $ pour amarrer leurs bateaux, de mars à juin.

Ils affirment pourtant que le quai est complètement désuet et qu'ils n'ont pas accès à l’eau et à l’électricité.

Selon le maire de Rimouski, les travaux de réfection envisagés pour le port comprennent le remplacement des pontons, de même que le dragage du bassin est de la marina.