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Quatre étables du Manitoba touchées par la diarrhée porcine

Le Bureau du vétérinaire en chef d'Agriculture Manitoba a confirmé que quatre élevages de la province sont confrontés cette semaine à une nouvelle éclosion de diarrhée épidémique porcine. En 2017, ce virus avait gagné 80 troupeaux à travers la province et durement affecté l'industrie porcine.

Un texte de Barbara Gorrand

Un premier cas de diarrhée épidémique porcine (DEP) a été diagnostiqué le 15 mai dans une ferme du sud-est du Manitoba. Trois autres cas affectant trois autres élevages ont été confirmés cette semaine dans le même secteur.

Cette éclosion rappelle aux éleveurs manitobains le cauchemar de l’été 2017, considéré comme « le plus difficile des 25 dernières années » par Claude Vielfaure, le président de HyLife, l’une des plus importantes entreprises du secteur.

« Nous sommes très inquiets, confirme Claude Vielfaure aujourd’hui. Nous avons beaucoup travaillé depuis l’année passée, nous pensions avoir pris les précautions pour nous protéger. Mais voilà que le virus recommence à créer des problèmes. »

Au Bureau du vétérinaire en chef d’Agriculture Manitoba, l’épidémiologiste Glen Duizer surveille de près l’évolution de la situation.

« Évidemment, nous sommes déçus de voir arriver un nouvel épisode de DEP, dit-il. Malgré tout, nous avons des raisons d’espérer. Tout d’abord, les quatre nouveaux cas sont tous contenus dans un secteur très limité du sud-est de la province, entre Niverville, New Bothwell et Tourond. »

Tirer les enseignements de l'an dernier

Glen Duizer explique également que sur les 80 fermes où le virus avait été détecté l’année dernière, 68 ont obtenu des tests négatifs lors des dépistages menés cette année.

« Ce qui veut dire qu’elles sont parvenues à éliminer la présence du virus, ajoute-t-il. Et si deux des nouveaux cas concernent ces élevages, il est important de préciser qu’il s’agit d’une nouvelle épidémie, et non pas de la continuité de l’année passée. »

Le Bureau du vétérinaire en chef estime également que les enseignements tirés de la crise de 2017 vont aider à juguler ce nouvel épisode. « Les mesures de biosécurité pour contenir les mouvements des employés, à l’entrée et à la sortie des enclos, le transport des animaux, tout est mis en place pour limiter la propagation », reprend Glen Duizer.

D’ailleurs, précise-t-il, les nouveaux cas de cette année ne sont pas liés aux facteurs de risque principaux que sont le transport des bêtes par camion ou la gestion du cheptel mort.

Même si elle est encore contenue à l’heure actuelle, l’arrivée d’une nouvelle épidémie de DEP est une mauvaise nouvelle pour l’industrie porcine manitobaine.

« La diarrhée porcine frappe tous les groupes d’âge, explique Glen Duizer. Mais en raison des symptômes, qui s’apparentent à une gastro-entérite sévère, elle entraîne une mortalité très élevée chez les porcelets de moins de 4 semaines. Ce qui conduit souvent les éleveurs à procéder à leur abattage, pour mettre un terme aux souffrances. »

Au-delà de 4 semaines, les porcs affectés ont de fortes chances de guérison, dès lors qu’ils ont le temps de se remettre « dans des conditions strictes d’isolement ».

Chez HyLife, Claude Vielfaure résume l’impact du virus sur tous les aspects de l’industrie. « Cela affecte les cochons, l’économie et le moral des employés. Personne n’a envie de voir mourir les cochons. Alors, on croise les doigts et on espère. »

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