Retour

Quatre magasins de la Coop de Caraquet fermeront leurs portes

L'air abattu, les dirigeants de la Coopérative de Caraquet ont confirmé mardi que quatre magasins de l'entreprise allaient fermer leurs portes vers le 15 mai. Il s'agit des magasins d'alimentation de Maisonnette et de Saint-Léolin, de la quincaillerie BMR, à Caraquet, de même que la petite boutique d'équipements sportifs, également à Caraquet.

Un texte de René LandryCourriel

La nouvelle est tombée lundi soir. L'Acadie Nouvelle affirmait alors avoir obtenu une copie préliminaire du discours que doit prononcer le président du conseil d'administration, Michel Rail, devant les membres à l'assemblée générale annuelle, le 29 mars.

Le président du conseil d'administration, Michel Rail, a offert ses excuses. « Nous sommes sincèrement désolés et nous pensons très fort à nos employés qui ont appris la nouvelle par l'entremise des médias sociaux, a-t-il dit. Nous devions également rencontrer nos employés cette semaine. Tout devait se passer de manière bien différente, dans le respect de nos membres et de nos clients. »

Au magasin de Saint-Léolin, une employée qui travaille pour la Coopérative de Caraquet depuis une quarantaine d'années a fondu en larmes. Ses collègues de travail, à Saint-Léolin comme à Maisonnette, semblaient dévastés. Aucun employé a voulu donner d'entrevue et tous ont respecté les directives en recommandant aux journalistes au responsable des stratégies communicationnelles de l'entreprise, Serge Dionne.

Le président, Michel Rail, a souligné que les dirigeants avaient la responsabilité de protéger les avoirs des membres et qu'il n'était pas question d'injecter des sommes d'argent dans des magasins qui ne sont pas rentables.

Des citoyens rencontrés aux magasins d'alimentation de Maisonnette et de Saint-Léolin ont exprimé leur colère. Ils se demandent où ils vont faire leur épicerie. « Ce sera à Caraquet ou à Bathurst », dit l'un d'eux.

« Où est-ce qu'on va faire le plein d'essence maintenant? Il n'y aura plus d'essence à Maisonnette et à Saint-Léolin. Vu qu'il n'y a plus de poste d'essence à Grande-Anse ou à Bertrand, il faudra brûler du gaz pour aller faire le plein », affirme une autre passante. 

Pendant ce temps, c'est un peu à regret que Gaby Gionet doit vider l'ancien édifice qui abritait le magasin d'alimentation de la Coopérative de Caraquet. Il récupère des débris et de morceaux de métal. « Ça s'en va à la scrap », lâche-t-il.

Après un long soupir, il se vide aussi le coeur. « Il y a quelqu'un qui a mal fait son ouvrage, qui n'a pas travaillé comme il faut pour tenir ça aller. S'ils avaient écouté les membres, ça ne se serait pas passé comme ça. Il y a quand même du monde qui a travaillé dur ici. Je n'aurais jamais imaginé ça. C'est triste », a-t-il confié.

Une lumière au bout du tunnel

Jadis un fleuron du mouvement coopératif, la Coop de Caraquet a déjà été la plus importante entreprise francophone de sa catégorie en Atlantique, avec un chiffre d'affaires de près de 50 millions de dollars. 

Les quatre magasins qui ferment leurs portes n'étaient pas rentables, selon la direction. Selon le directeur général, Carl Desjardins, les ventes ont diminué de huit à dix pour cent dans l'alimentation et la quincaillerie. « C'est majeur », soutient-il.

Malgré tout, les ventes au magasin Coop IGA Extra de Caraquet ont augmenté d'environ 8 % au cours de la dernière année, toujours selon la direction.

Plus d'articles

Commentaires