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Que réserve l'entente entre Pétrolia et Pieridae ?

Les actionnaires de Pétrolia adoptent à 97,57 % la fusion avec la compagnie albertaine Pieridae, une entente qui sème le doute sur l'avenir du projet TUGLIQ.

Un texte de Léa Beauchesne

L’arrangement a été présenté aux actionnaires mardi lors de l’assemblée annuelle spéciale de la compagnie à laquelle les journalistes n’ont pas pu assister.

Cette interdiction a d’ailleurs été dénoncée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec puisque le gouvernement provincial est actionnaire dans la compagnie Pétrolia avec Ressources Québec.

Toutefois, l’un des actionnaires a accepté d’expliquer ce qui s’est dit derrière les portes closes lors de cette réunion.

Cet actionnaire, Pascal Bergeron, est avant tout un fervent opposant aux projets d’hydrocarbures en Gaspésie. En devenant actionnaire, il a accès à certaines informations sans toutefois avoir un poids quelconque dans les décisions.

« J’avais quelques questions très courtes à poser lors de l’assemblée et ils ne m’ont pas permis de le faire. » M. Bergeron explique qu’une trentaine d’actionnaires étaient présents à la rencontre.

Grâce à cette union, Pétrolia aspire à un développement accéléré de ses propriétés au Québec. En ce moment, le projet central de la compagnie demeure celui de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du site de Bourque près de Murdochville.

Un avenir pour le projet de GNL en Gaspésie?

La compagnie albertaine Pieridae vise l’exportation de gaz naturel liquéfié grâce à la construction d’un port méthanier à Goldboro en Nouvelle-Écosse.

Par contre, en exportant le secteur de Bourque près de Murdochville, Pétrolia avait conclu une entente avec la compagnie TUGLIQ qui aurait quant à elle assuré le transport de la ressource grâce à un bateau usine de transformation du GNL, installé directement dans la baie de Gaspé.

Avec son projet Goldboro, Pieridae vise les marchés européen, sud-américain et asiatique. Pascal Bergeron se demande comment ces deux projets pourront cohabiter dans la nouvelle structure d’affaires.

Quant à elle, la compagnie TUGLIC n’a pas rendu nos appels.

Vers la fracturation?

Même s’il n’a pas pu poser toutes les questions qu’il aurait souhaitées, Pascal Bergeron a tout de même pu demander au président-directeur général de Pieridae comment sera extrait le gaz naturel exporté grâce au projet Goldboro.

Le PDG lui aurait répondu que 100 % des puits feraient appel à la fracturation. « La question était posée en incluant les projets de gaz naturel au Québec de Pétrolia. »

La compagnie Pétrolia n’a pas confirmé cette information puisqu’elle a refusé d’accorder des entrevues à la suite de son assemblée.

La semaine dernière lors d’une entrevue à Radio-Canada, Jean-François Belleau, lobbyiste pour Pétrolia, avait refusé de dire si la compagnie comptait se tourner vers la fracturation au site Bourque. « Je ne peux pas vous répondre », avait-il mentionné.

Des données ont été récoltées cet été à ce site et elles seraient en cours d’analyse selon M. Belleau. Grâce à ces résultats, la compagnie choisira ensuite de quelle manière le site doit être exploité pour être rentable.

Rappelons également que Québec a présenté quatre projets de règlements en septembre qui permettront aux compagnies, sous certaines conditions, de procéder à de la fracturation. Les règlements sont présentement en période d’étude.

Pétrolia a refusé d’accorder des entrevues pour le moment et a préféré émettre un communiqué en toute fin de journée mardi. On peut y lire que la bourse de croissance TSX doit maintenant consentir à l’entente entre les deux compagnies et que la Cour supérieure du Québec doit quant à elle l’approuver.

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