Retour

Québec injecte 4,7 milliards dans le réseau routier

Le gouvernement du Québec a annoncé vendredi des investissements de 4,7 milliards de dollars dans le réseau routier de la province, de 2016 à 2018.

C'est un peu moins que ce qui avait été injecté dans le plan précédent, pour lequel 4,9 milliards de dollars avaient été prévus.

Pour les deux années à venir, 90 % des sommes seront consacrées au maintien des infrastructures existantes, soit la réfection de ponts, de viaducs et de chaussées. Ainsi Québec ne dépensera qu'un peu plus de 478 millions de dollars pour le développement du réseau.

Le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, Jacques Daoust, a expliqué ce choix de la manière suivante : « Chaque fois que vous agrandissez votre réseau de transport vous devez par la suite le maintenir, le déneiger, l'entretenir. Alors, il faut être prudent dans les additions que nous faisons au réseau à l'intérieur des budgets qui nous sont alloués, de ceux avec lesquels on est capable de vivre comme société ». 

La saison des cônes orange

« C'est le lancement officiel de la saison des cônes orange », a dit le ministre Daoust, en référence au fait que les automobilistes devront composer, cet été encore, avec la présence de nombreux chantiers sur les routes. 

Dans la région de Montréal, on estime au ministère que les difficultés rencontrées par les automobilistes seront « de la même ampleur » que par les années passées. Ailleurs dans la province, on entend gérer les problèmes en appliquant des « mesures d'atténuation ».

Pour savoir à quoi s'attendre, les automobilistes devront surveiller les diverses annonces que fera le ministère dans les semaines à venir, puisque le détail de ces investissements sera dévoilé à la pièce dans les régions concernées.

Respecter son budget

M. Daoust rappelle que ces investissements dans le réseau routier s'inscrivent dans la volonté du gouvernement de redresser les finances publiques. Un exercice que le gouvernement Couillard a entrepris il y a deux ans, à son arrivée au pouvoir, et qui l'a mené à l'équilibre budgétaire en 2015-2016.

Le ministère va intervenir sur 3200 kilomètres de route, soit plus de 1130 kilomètres de plus que dans le plan précédent. Au total, le Québec compte près de 31 000 km de routes et d'autoroutes. Le réseau est d'autant plus important que, comme l'a rappelé Jacques Daoust, 47 % des exportations du Québec y transitent.

D'ici 2018, dans le cadre de ces investissements, 2139 chantiers seront entrepris, poursuivis ou achevés. On évalue à 31 500 le nombre d'emplois qui seront ainsi maintenus ou créés. Parmi ces chantiers figurent ceux de :

  • la reconstruction de l'échangeur Turcot à Montréal;
  • la reconstruction de l'échangeur entre les autoroutes Félix-Leclerc et Laurentienne, dans la Capitale-Nationale;
  • du prolongement de l'autoroute 70 vers la ligne Bagot, au Saguenay-Lac-Saint-Jean;
  • et de l'amélioration de la route 389, sur la Côte-Nord.

À noter que la plus large part des investissements prévus, soit 2,4 milliards de dollars, ira aux structures, dont 247 millions de dollars à celles du réseau municipal.

Il y a plus de 1,2 milliard de dollars qui sont destinés aux chaussées, ce qui est beaucoup plus que les 830 millions qui leur étaient auparavant dévolus.

De plus, 608,5 millions vont à l'amélioration du réseau.

Dans la foulée de ces investissements, Québec se préoccupera aussi d'améliorer la sécurité routière.

Rapatrier la surveillance de chantiers dans le giron du ministère

Le ministre Daoust assure que le gouvernement a pris bonne note des recommandations faites dans le cadre de la commission Charbonneau sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Jacques Daoust cite par exemple le fait que le ministère a rapatrié la responsabilité de surveiller 600 chantiers sur un total de 900, dans le but de réduire la perte d'expertise qu'avait déplorée la commission. 

La commission Charbonneau avait aussi fait état de l'affaiblissement des normes relativement à la qualité des matériaux utilisés. Là-dessus, Jacques Daoust affirme que le ministère finalise une structure par laquelle il sera en mesure d'analyser les nouveaux revêtements offerts sur le marché. « On me disait que si on avait construit le pont Champlain avec les ciments qu'on a aujourd'hui, il serait encore bon pour une vingtaine d'années », de dire M. Daoust.

Plus d'articles

Commentaires