Le Québec devient le troisième banc d'essai des voitures à l'hydrogène du constructeur Toyota, après le Japon et la Californie. Le géant japonais de l'automobile a lancé sa voiture Mirai au Salon de l'auto de Montréal, jeudi.

Le constructeur automobile fournira 50 véhicules qui s'ajouteront à la flotte gouvernementale pour tester cette nouvelle technologie sur les routes de la province.

La Mirai utilise l'hydrogène pour alimenter son moteur électrique. Son autonomie annoncée est de 500 kilomètres. Le véhicule, lancé en 2014, se recharge en cinq minutes.

À l'heure actuelle, il n'existe que deux stations de recharge dans toute la province : une à Brossard, dans les installations de Toyota, et une autre à l'Institut de recherche sur l'hydrogène de Trois-Rivières.

D'ici l'automne prochain, le gouvernement du Québec financera la construction de deux nouvelles stations d'approvisionnement.

« C'est l'implantation de deux stations, une à Québec et une à Montréal, qui seraient non seulement des stations de distribution d'hydrogène, mais aussi des stations de production », a expliqué jeudi le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau.

Le ministre croit que le Québec pourrait se tailler une place enviable dans le marché mondial. « Le Québec pourrait se positionner comme un fournisseur d'hydrogène dont la source, l'hydroélectricité, est propre, renouvelable, sans émission de GES. Disons-le fièrement, très peu de sociétés dans le monde disposent de capacités hydroélectriques comparables aux nôtres », a souligné M. Moreau.

La Mirai est vendue 57 000 $ US en Californie. On ne sait pas quel en serait le prix au Canada ni d'ailleurs combien coûterait un plein d'hydrogène.

« Le véhicule à l'hydrogène n'émet aucune émission polluante, la seule émission que le véhicule a, c'est de l'eau », affirme Martin Gilbert, directeur de la planification des ventes et de l'innovation chez Toyota Canada.

L'hydrogène est mélangé à de l'oxygène dans la pile du véhicule, ce qui produit l'électricité nécessaire à sa propulsion.

Les véhicules à hydrogène n'envahiront pas nos routes de sitôt, mais le journaliste automobile Benoit Charette voit tout de même l'expérience d'un bon oeil. « L'hydrogène provient, pour le moment, massivement du gaz naturel, coûte assez cher à produire, donc on doit mettre un réseau en marche, sauf que l'hydrogène peut faire partie d'une solution globale parce qu'on le sait, l'avenir au vert n'est pas seulement au tout électrique », dit-il.

Une technologie dangereuse?

L'hydrogène est connu comme un gaz hautement inflammable et volatil. L’incendie du dirigeable allemand Hindenburg, en 1937, en est encore l'exemple le plus spectaculaire.

Toyota ne nie pas la dangerosité de l'hydrogène, mais assure que son véhicule est sécuritaire, puisqu'il est doté d’une série de capteurs pour détecter les fuites.

De plus, l’entreprise fait valoir que la structure de la Mirai, un thermoplastique renforcé de fibres de carbone (CFRP), protège la pile en cas de chocs importants.

Avec les informations de Marc Verreault et Olivier Bachand