Retour

Québec veut 5 des 25 ports fédéraux dans l'Est

EXCLUSIF – Le gouvernement provincial entamera des négociations avec Transports Canada pour la rétrocession de 5 des 25 ports dont Ottawa souhaite se départir au Québec. La décision de Québec sera formellement communiquée au gouvernement fédéral vendredi matin.

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a déjà dit qu'il aimait l'idée d'un « chapelet de ports québécois » le long du Saint-Laurent. Radio-Canada a appris que le chapelet comptera finalement cinq perles : les ports de Cacouna, de Rimouski, de Matane, de Gaspé et de Baie-Comeau.

Québec est prêt à acquérir ces cinq ports en raison de leur potentiel de développement important en lien avec sa stratégie maritime. Plusieurs de ces ports sont essentiels à l'activité économique des communautés.

De longues négociations à venir

Le processus de transferts des ports fédéraux s'est amorcé il y a plus de deux ans sous le gouvernement conservateur. Il a commencé par une proposition de vente à laquelle personne n'a répondu, puis s'est poursuivi par une proposition de cession des installations portuaires.

La réponse soumise par Québec n'est qu'un premier pas qui annonce de longues négociations entre les gouvernements du Québec et d'Ottawa.

Toutefois l'enjeu est de taille. Même si aucune étude définitive n'a encore été produite, une évaluation sommaire des coûts d'une mise à niveau de ces infrastructures portuaires dépasse largement les 100 millions de dollars.

Québec imposera d'ailleurs comme condition à toute entente le paiement de cette facture par le gouvernement fédéral qui, juge-t-on, a négligé l'entretien de ses propriétés au fil des ans.

Délabrement avancé

À Matane, par exemple, la détérioration est telle que la durée de vie utile du port est estimée à seulement cinq ou six ans, selon une étude commandée par Transports Canada. Des centaines d'emplois sont en jeu.

À Rimouski, c'est le navire de recherche de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) qui ne peut plus s'amarrer au port puisque son quai d'accostage a été fermé, encore là, par Transports Canada parce qu'il est trop dangereux d'y circuler.

Miser sur le développement économique

Le choix de seulement 5 ports sur les 25 qu'Ottawa était prêt à céder en décevra plusieurs, car les attentes étaient grandes dans les milieux côtiers notamment dans la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie et sur la Basse-Côte-Nord.

Dans ces communautés, on espérait une prise en main québécoise sur laquelle on aurait pu fonder un développement économique plus dynamique.

C'est paradoxalement pour favoriser ce développement économique et l'intensifier que Québec a choisi les ports de Cacouna, de Rimouski, de Matane, de Gaspé et de Baie-Comeau.

Ils ont tous été désignés comme « zone industrialo-portuaire » dans le cadre de la Stratégie maritime et ils ont tous un potentiel de croissance.

Cacouna : un cas unique

Des négociations qui vont s'enclencher pour le transfert de propriété pourrait surgir un cas unique au Québec et peut-être même au Canada : les Malécites de Viger pourraient devenir la première communauté autochtone à acquérir un port, celui de Cacouna.

En avril dernier, Radio-Canada dévoilait que la communauté avait présenté, un an plus tôt, un projet en ce sens aux deux gouvernements. La mairesse de Cacouna, Ghislaine Daris, avait réagi plutôt froidement à l'idée.

Depuis, un projet bonifié a été soumis et, selon des sources proches du dossier, il a un caractère très intéressant et serait susceptible de rallier l'ensemble de la population de Cacouna.

Selon les mêmes sources, ce projet combinerait développement des activités économiques et protection des bélugas dont Cacouna est devenu un symbole.

Les autres ports

À Ottawa, la consigne était nettement à la prudence cette semaine dans l'attente du dépôt de la liste des ports qui feront l'objet de discussions entre les deux gouvernements.

« Il serait prématuré de répondre à ces questions », disait l'attachée de presse du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, lors d'un échange sur le sort des ports qui n'auront pas été retenus par Québec ou sur la possibilité qu'Ottawa débloque des fonds supplémentaires pour la réfection des infrastructures portuaires dans l'Est du Québec.

Lors de son récent passage au Bas-Saint-Laurent, le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc, bien qu'il ne soit pas partie prenante de façon directe dans ce dossier, rappelait qu'Ottawa comprend l'importance d'infrastructures portuaires adéquates dans les régions. Il disait d'ailleurs avoir eu des échanges à ce sujet avec des ministres du gouvernement québécois.

Plus d'articles

Commentaires