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Quels seraient les impacts de hausser le salaire minimum en Saskatchewan?

Le conflit lié à la hausse du salaire minimum dans des franchises Tim Hortons de l'Ontario soulève de nombreuses questions dans le milieu des affaires de la Saskatchewan. Alors que le salaire minimum de la province est parmi les plus bas au pays, les entreprises et les travailleurs ont deux points de vue opposés sur les impacts qu'aurait une hausse du salaire minimum.

Un texte d’Andréanne Apablaza

Le 1er janvier, le salaire minimum de l'Ontario est passé de 11,60 $ à 14 $ l'heure. Certaines succursales Tim Hortons ont choisi de ne plus payer les pauses de 15 minutes et les avantages sociaux de leurs employés. Les propriétaires des succursales ont évoqué la hausse du salaire minimum pour justifier ces compressions.

L'Alberta envisage d'augmenter son salaire minimum à 13,60 $ l'heure en octobre. Et d’autres provinces prévoient augmenter leur salaire minimum d'ici la fin de l'année.

En Saskatchewan, le salaire minimum est le deuxième plus bas au pays à 10,96 $ l’heure. La Nouvelle-Écosse a le plus bas salaire minimum au pays avec 10,85 $ l'heure.

Augmenter le salaire minimum à 14 $ ou 15 $ l’heure?

Il est difficile de prédire si des entreprises de la province réagiraient comme certaines succursales Tim Hortons de l’Ontario. Mais selon la Fédération canadienne des entreprises indépendante (FCEI), le scénario qu’on observe dans l’est du pays serait très probable.

« La décision [d’augmenter le salaire minimum] a des impacts sur les entreprises. Elles doivent augmenter les prix, retarder les plans d'expansion, réduire leurs heures de travail globales et même couper des postes », explique la vice-présidente de la FCEI, Marilyn Braun-Pollon.

Selon la FCEI, 60 % des travailleurs au salaire minimum ont entre 15 et 24 ans au pays. « Ce que démontrent nos recherches, c’est que si nous passions immédiatement à un salaire minimum de 15 $ l’heure, nous verrions des pertes d’emplois, particulièrement chez les jeunes », dit-elle.

Selon la vice-présidente, l'augmentation du salaire minimum en Saskatchewan pourrait entraîner entre 7500 et 17 000 pertes d'emplois chez les jeunes.

Pour la Fédération des travailleurs de la Saskatchewan, c’est tout le contraire.

« Je ne crois pas que nous verrions un impact négatif. En fait, je pense que cela stimulerait l'économie », croit le président de la Fédération, Larry Hubich.

« Il est prouvé que lors d’une hausse du salaire, les personnes au bas de l’échelle salariale vont dépenser leur revenu dans la communauté dans laquelle elles l’ont gagné », explique le président.

Il estime que la façon dont les employés des succursales Tim Hortons en Ontario ont été traités est inacceptable. Selon lui, la décision de couper des avantages sociaux est une réaction extrême de la chaîne, qui ressemble à une vengeance contre la décision du gouvernement de l'Ontario de hausser le salaire minimum.

Selon Larry Hubich, les franchises avaient d'autres options pour pallier la hausse des salaires, comme réduire le coût des produits, ou réduire leur marge de bénéfice.

Qu’en pensent les candidats des principaux partis?

La FCEI a recensé l’avis des cinq candidats à la direction du Parti saskatchewanais sur l’augmentation du salaire minimum dans la province. Tous ont répondu, sauf la candidate Tina Beaudry-Mellor.

Aucun d’entre eux n’est pour une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure. Alanna Koch, Scott Moe et Gordon Wyant ont dit être plutôt pour une indexation du salaire minimum en fonction des variations de l’indice des prix à la consommation (IPC).

Les deux candidats à la direction du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan, Ryan Meili et Trent Wotherspoon, réclament une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.