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Rachat bloqué d'Aecon : le Canada encore « ouvert au commerce » avec la Chine

Le Canada souhaite encore travailler avec la Chine dans l'avenir, a déclaré jeudi le ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, au lendemain de la décision de son gouvernement de rejeter la prise de contrôle du géant canadien des infrastructures Aecon par des intérêts chinois.

Ottawa a bloqué mercredi la proposition de rachat d'Aecon par l'entreprise chinoise CCCC International Holding, une transaction évaluée à 1,5 milliard de dollars, pour des raisons liées à la sécurité nationale.

« Je suis très confiant, a indiqué le ministre Bains jeudi matin à Ottawa. Cette décision va améliorer notre situation, particulièrement au sujet de la sécurité nationale. C’est pourquoi nous avons bloqué [le rachat]. »

Il soutient qu’une longue réflexion de plusieurs mois a été nécessaire avant de parvenir à une décision.

Le ministre Bains précise également qu’une étude indépendante s’est penchée sur les intérêts de cette vente, et qu’après tout le processus de vérification, Ottawa a conclu qu’il n’était pas dans l’intérêt national de vendre Aecon à une entreprise étrangère.

Il n’a toutefois pas voulu révéler de détails quant aux menaces à la sécurité nationale soulevées au cours de cette étude.

« La Loi sur Investissement Canada exige un processus de révision robuste et rigoureux, qui nécessite plusieurs étapes. Ce processus a été suivi », a dit M. Bains.

Des relations commerciales ternies?

L’ambassade de Chine à Ottawa a déclaré que la décision de ne pas autoriser la vente d’Aecon allait miner la confiance des investisseurs chinois au Canada.

De son côté, le président-directeur général de la Fondation Asie Pacifique, Stewart Beck, soutient que la décision d’Ottawa dans le dossier d’Aecon pourrait en effet nuire aux futurs pourparlers commerciaux entre les deux pays.

« Ça va créer quelques problèmes, notamment au chapitre des négociations pour une éventuelle entente de libre-échange avec les Chinois », explique M. Beck.

Des discussions entre le Canada et la Chine au sujet de libre-échange sont en cours, mais semblent connaître certains ratés.

Le premier ministre Justin Trudeau a passé quatre jours en Chine au mois de décembre, mais a quitté le pays sans avoir obtenu d’engagement formel que ces discussions pouvaient passer de la phase exploratoire à de réelles négociations.

L’entreprise canadienne Aecon construit des routes, des ponts, des aéroports et des chemins de fer. Elle a participé à des projets comme la Tour du CN à Toronto, le SkyTrain de Vancouver et la Voie maritime du Saint-Laurent.

Elle fait notamment partie du consortium de six entreprises chargé de la construction du Réseau express métropolitain (REM), dans la région de Montréal.

La société obtient aussi d’autres types de contrats pour l’installation de réseaux de fibres optiques, la mise à niveau de centrales nucléaires et des travaux sur des bases militaires.