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Ralentissement des investissements au Canada et aux É.-U. en raison de l’incertitude liée à la renégociation de l’ALENA

Avec la montée du protectionnisme aux États-Unis et la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le consul général du Canada à Boston s'est imposé comme défenseur des échanges économiques entre les provinces atlantiques et les états de la Nouvelle-Angleterre.

Un texte de Nicolas Steinbach

David Alward, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, s’inquiète du ralentissement des investissements en raison de l’incertitude entourant la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.

« Est-ce qu'il pourrait y avoir des projets qui ne vont pas de l'avant à cause de cette incertitude bien sûr que oui. Je suis au courant de projets qui n'ont pas vu le jour au Canada et aux États-Unis. C'est certainement une grande préoccupation. D'où l'importance de continuer à travailler à moderniser l'Accord de libre-échange nord-américain. »

Nous l'avons rencontré au Consulat général du Canada Boston. C’est lui le grand patron du bureau depuis 2015. Rapidement, l'ALENA est devenu sa grande priorité.

Plus que jamais, son travail est de convaincre les Américains de maintenir les échanges économiques avec leurs voisins.

« Au Canada, l'importance de l'ALENA est bien connue. Aux États-Unis, ça ne fait pas beaucoup partie de la discussion. Nous devons leur rappeler que le Canada est leur plus grand partenaire économique. Nous devons leur rappeler comment ils en bénéficient. »

Les économies des États de la Nouvelle-Angleterre et du Canada sont très intégrées.

« Le homard, le crabe sont des industries très intégrées avec le marché américain, ce qui veut dire des emplois des deux côtés de la frontière, ce qui veut dire que des communautés en profitent des deux côtés ».

Si les négociations de l'ALENA échouent et que des tarifs sont imposés sur les fruits de mer par exemple ça pourrait avoir des conséquences importantes sur cette industrie, mais aussi sur d'autres secteurs, surtout pour des provinces dépendantes au marché américain.

« Le Nouveau-Brunswick est l'une des provinces les plus dépendantes des échanges commerciaux avec les États-Unis (...) ça la rend très vulnérable. »

Mais la montée du protectionnisme ne fait pas des victimes seulement au Canada, aux États-Unis aussi. Un argument que ne se gène pas d'utiliser David Alward en parlant par exemple de l'imposition de tarifs douaniers sur le bois d'oeuvre canadien.

« Certainement pour les États-Unis, parce que les coûts pour bâtir une maison sont plus élevés qu'avant, c'est une des raisons pour lesquelles le gouverneur du Maine a travaillé avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick pour essayer de changer cette décision. Certainement, les compagnies sont inquiètes. »

L'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick reste optimiste, malgré tout, qu'un accord est toujours possible entre les deux pays.