Retour

Référendum à Percé : la population toujours aussi divisée

Les opposants, comme Bernice Vibert du magasin Robin de Barachois, craignent toujours que le projet se traduise par une hausse des taxes municipales.

Je ne comprends pas quand le maire nous dit que les taxes des citoyens n’augmenteront pas. Ils n’ont pas les fonds pour ce projet. Il veut faire un emprunt d’au-dessus de 1 million. Qui va payer? C’est certainement les citoyens.

Bernice Vibert, citoyenne

Mme Vibert souhaiterait que le conseil municipal attende d’avoir l’argent avant d’investir dans de tels travaux.

En faveur du projet, Francis Joncas de la Brasserie Pit Caribou à L'Anse-à-Beaufils croit au contraire que la rue viendra stimuler l'économie de Percé et que l'investissement générera de nouvelles retombées.

Plus il y aura de gens pour payer des taxes, moins ça coûtera cher individuellement, soutient-il. La Ville, dit-il, n’a pas changé depuis 25 ans. Percé, selon lui, doit refaire son image pour attirer de nouveaux investisseurs et inciter de nouveaux arrivants à s’y installer.

Si on ne met pas d’argent, si on n’investit pas, si on reste toujours dans le même pattern, il y a rien qui va nous arriver. Il faut dynamiser la patente.

Francis Joncas de la Brasserie Pit Caribou à L'Anse-à-Beaufils

Déjà beaucoup de commerces

Mme Vibert ne croit pas tellement à ce renouveau et ne croit pas que Percé puisse attirer des gens en dehors de la saison touristique comme le prétendent les défenseurs du projet. Elle rappelle que beaucoup de commerces de Percé sont fermés l’hiver. « C’est un village fantôme, il n’y a même pas de station-service! », dit-elle.

Plusieurs commerces sont aussi à vendre. « Pourquoi vouloir d’autres commerces quand il y en a déjà beaucoup qui ne fonctionnent pas? », ajoute Mme Vibert.

Francis Joncas croit au contraire qu’il y a trop de commerces similaires qui ne se différencient pas des autres. La rue du Géoparc amènera cette différence selon lui. Si le projet de la rue fonctionne, le propriétaire de la Brasserie Pit Caribou souhaite d’ailleurs acheter le pub de la coopérative, situé sur la rue principale, pour le déménager sur la nouvelle rue.

Selon lui, deux ou trois promoteurs ont aussi le projet de s’installer sur la rue. « On sait que les terrains de Percé sont pas mal tous occupés, ça prend de nouveaux espaces », croit-il.Pour Bernice Vibert, la Ville de Percé devrait aussi investir dans les villages aux alentours pour les aider et faciliter l'installation de nouveaux commerces.

Pour M. Joncas, il y a beaucoup de désinformation autour du projet. Il invite les citoyens à aller s’informer auprès de la municipalité qui travaille sur le projet depuis plusieurs années. « Arrêter d’aller sur Internet et sur Facebook, c’est du n’importe quoi! C’est du bourrage de crânes! », lance-t-il.

La Ville veut renforcer le centre-ville

Lisa-Marie Gagnon, urbaniste à la Ville de Percé, soutient que la Ville travaille sur ce développement depuis 2012.

Pour elle, l'acquisition du terrain, son développement et l’installation du Géoparc dans le secteur font partie d’un tout. « Il ne s’agit pas d’un emprunt pour un petit bout de rue, mais d’une action qui s’inscrit dans une stratégie globale de revitalisation », indique Mme Gagnon. Comme le terrain est enclavé et n’a qu’un accès à la route 132, pour le développer, explique l’urbaniste, il faut ouvrir des devantures sur rue publique.

L’urbaniste explique que ce développement s’impose par la rareté des terrains et bâtiments disponibles. Les bâtiments sont vieux, désuets, mal isolés et souvent vendus à des prix exorbitants, rapporte l’urbaniste.

À Percé, notre économie, c’est le tourisme. Ça nous prend un centre-ville fort.

Lisa-Marie Gagnon, urbaniste à la Ville de Percé

Elle estime que la Ville pourra donner une réponse adéquate aux investisseurs avec cette nouvelle rue qui aidera à améliorer le milieu de vie des résidents. Une rue commerciale, souligne Lisa-Marie Gagnon, n’est pas composée que de commerces, on y trouve aussi des services et du logement.

Percé a commandé une étude pour établir des scénarios de financement de son projet évalué à près de 1,8 million de dollars.

La Ville souhaite emprunter sur une période de 25 ans, soit un remboursement d’environ 72 000 $ par année, ce qui lui donnera le temps de tirer les revenus escomptés. « Ce n’est pas vrai qu’on va mettre ça sur les taxes de tout un chacun », soutient Mme Gagnon.

Percé estime qu’elle sera en mesure de rembourser le prêt par la vente des terrains, les droits de mutation et les impôts municipaux que généreront les nouveaux commerces.