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Régime des rentes du Québec : les Québécois désavantagés?

La bonification du Régime des rentes du Québec (RRQ) pourrait être beaucoup plus modeste que celle adoptée pour le Régime de pensions du Canada (RPC) en juin dernier à Vancouver.

Un texte de Gérald Fillion

Dans un document préparé pour la consultation publique qui se tient cette semaine à Québec, le gouvernement Couillard expose le scénario qu’il a présenté à la rencontre des ministres des Finances à Vancouver et qui n’a pas été retenu par les autres provinces.

Québec propose dans son document une hausse moins importante des prestations de rente, une augmentation de l’âge d’admissibilité aux prestations de 60 à 62 ou 63 ans ainsi qu’une réduction des rentes lorsque l’espérance de vie à 65 ans sera de plus de 22 ans.

L’’entente de Vancouver prévoit faire passer de 25 % à 33,3 % le taux de remplacement maximal du revenu de travail par les rentes. Au Québec, dans le scénario étudié, on passerait de 25 à 29,6 % au maximum.

Québec affirme ne pas vouloir faire payer aux personnes les moins nanties aujourd’hui des cotisations plus élevées pour avoir des prestations plus importantes plus tard. Le RPC prévoit une hausse de cotisations sur tous les revenus des travailleurs jusqu’à 62 000 $, alors que Québec envisage une majoration des cotisations et des prestations à partir de 27 450 $ seulement.

La classe moyenne, désavantagée

Selon l’économiste Michel Lizée, dans cette histoire, « la classe moyenne se fait avoir ». En excluant la bonification du régime jusqu'à 27 450 $, on vient réduire la hausse des prestations potentielles à la retraite pour les gens qui gagnent 40 000 $ ou 50 000 $ par année.

« Une personne typique de la classe moyenne gagne moins de 27 000 $ en début de carrière, mais finit par arriver en haut, a déclaré Michel Lizée à RDI économie mercredi soir. Alors, toutes les années en bas de 27 000 $ vont compter pour 0. »

Selon lui, beaucoup de gens de la classe moyenne sont mal préparés à la retraite. Et, si Québec va de l’avant avec son scénario, la bonification de leur Régime des rentes sera franchement plus faible que le Régime de pensions du Canada pour les autres citoyens du pays. Un retraité du Québec va recevoir 2176 $ de moins qu’un retraité du Nouveau-Brunswick ou de l’Ontario.

Michel Lizée affirme que plusieurs autres propositions, qui se trouvent dans le document de consultation, pourraient désavantager les retraités québécois par rapport aux autres Canadiens. Le gouvernement étudie la possibilité de remonter à 62 ou à 63 ans l’âge d’admissibilité aux prestations de la RRQ. Le document évoque aussi la possibilité de réduire la rente à verser lorsque l’espérance de vie à 65 ans dépassera 22 ans.

Si ce scénario est adopté, jamais dans l’histoire les disparités n’auront été aussi grandes entre le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec, selon Michel Lizée. 

Rien n'est encore décidé, dit Carlos Leitao

Jeudi soir, à RDI économie, le ministre des Finances Carlos Leitao a déclaré que rien n'avait encore été décidé. Mais, selon lui, il faut « tenir compte de la réalité québécoise. [...] Pour avoir les mêmes prestations, les mêmes paiements de retraite que nos voisins canadiens, nous devons payer plus, nous devons cotiser plus. Si nous voulons garder les mêmes cotisations, les mêmes taxes que nos voisins canadiens, nous allons recevoir des prestations moins élevées que nos voisins. Et ça, c'est entièrement à cause de la réalité démographique. »

Carlos Leitao prévoit présenter un plan de bonification du Régime des rentes du Québec l'automne prochain.

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