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Règle numéro 1 : dire ce que Donald Trump veut entendre

Nous assistons, en ce début d'année, à un étrange manège à New York alors que défilent à la Trump Tower, le siège social de l'entreprise du président désigné, des PDG de tout acabit.

Encore aujourd’hui, Jack Ma, grand patron du moteur de recherche chinois Alibaba, est venu parler d’emplois avec Donald Trump, affirmant après la rencontre que le prochain président est un homme intelligent, favorable aux entreprises, avec qui il pourra stimuler les activités des petites sociétés.

Et puis, s’est pointé le patron de LVMH, Bernard Arnaud, deuxième fortune de France, qui est venu jaser milliards avec Donald Trump. Il « fait partie des grands hommes », a dit le président désigné à propos de son ami français.

Américains ou étrangers, les dirigeants des multinationales ajustent leur discours, leur communiqué, flattent le futur président Trump dans le sens du poil. Ils sont là pour faire de l’argent, du rendement, générer de la croissance et des revenus, des dividendes, faire monter l’action de leur entreprise. Ils sont payés pour ça, après tout!

Alors, les inquiétudes exprimées par les uns, les incertitudes qui font peur à d’autres, ça ne les intéresse pas. Les dirigeants s’ajustent, ils iront là où il faut aller pour profiter des politiques de Donald Trump et non pas pour les subir. Ils ne sont là que pour une raison : la « business ». Ils vont jouer du violon patriotique si c'est dans l'intérêt financier de l'entreprise et des actionnaires. Ils vont parler le bon langage parce qu’ils comprennent le message du nouveau président.

Toyota, Fiat Chrysler et Donald Trump

Ils savent ce qu’il veut entendre, ils savent ce qu’il veut dire aussi. Ils comprennent le crédo politique de Donald Trump. Et les champions ces jours-ci dans cette danse diplomatico-économique, ce sont les constructeurs automobiles. En marge du salon de l’automobile de Détroit, Toyota a annoncé un investissement de 10 milliards de dollars en 5 ans aux États-Unis. Il y a Fiat Chrysler aussi qui a promis de créer 2000 emplois aux États-Unis et d’investir 1 milliard dans deux usines du Midwest. Ford, également, a dit vouloir investir au Michigan.

Ce n’est que de la communication. Ce n’est pas Donald Trump qui a poussé ces fabricants d’automobiles à investir aux États-Unis. C’est simplement dans leur intérêt de communiquer cette information, de cette façon. C’est dans leur intérêt de diffuser des informations sur des investissements aux États-Unis, même si c’était déjà bien prévu depuis un bon moment. C’est ce que veut entendre Donald Trump.

Dans la réalité, comme l’expliquait Mary Barra, PDG de GM, en fin de semaine dernière, les investissements des constructeurs d’autos se planifient de deux à quatre ans à l’avance. Dans les circonstances, les annonces des uns et des autres ne sont que poudre aux yeux.

Dites-vous bien qu’à chaque fois que Donald Trump va se féliciter d’avoir sauvé ou créé des emplois, c’est parce que l’entreprise visée y aura vu un intérêt financier. Aucun PDG de multinationale ne va choisir le Michigan ou l’Illinois, à la place du Queretaro mexicain, par patriotisme ou par amour du nouveau président. Combien le gouvernement américain va-t-il verser aux entreprises pour attirer les emplois? Quel sera leur niveau d’impôt ou leur crédit? Quel cadeau fiscal, quelle taxe évitée, quel pont d’or pour faire de belles annonces?

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