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REM : les négociations avec Québec et Ottawa auront un effet, dit Sabia

L'issue des pourparlers avec Québec et Ottawa va influencer le rendement du Réseau électrique métropolitain (REM), affirme le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, qui s'est toutefois gardé de négocier sur la place publique avec les deux ordres de gouvernement.

« Pour l'instant, je ne peux pas parler du rendement parce que nous avons encore du travail à faire, [...] mais ces négociations auront un impact », a dit M. Sabia, mercredi, en marge d'une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il s'est alors affairé à réaffirmer la pertinence de ce mégaprojet, dont la facture est maintenant estimée à 5,9 milliards de dollars.

Il a dit que le rendement serait dévoilé au « bon moment » et qu'un vérificateur externe sera chargé de valider l'information.

La Caisse prévoit investir 3 milliards de dollars par l'entremise de sa filiale CDPQ Infra, et elle s'attend à ce que le reste provienne de Québec et d'Ottawa.

Même si 10 mois se sont écoulés depuis le dévoilement du projet, en avril dernier, les discussions avec les deux ordres de gouvernement progressent bien, a affirmé le président et chef de la direction de la CDPQ. Celui-ci a prôné la patience, disant ne pas vouloir négocier sur la « place publique ».

Quant à savoir si la Caisse pourrait être forcée d'injecter des fonds supplémentaires dans le projet de 67 kilomètres (dont la mise en service est prévue en 2020), M. Sabia a dit que « c'est une question pour un autre moment, parce que c'est hautement hypothétique ».

Un projet au cœur de la mission de la Caisse

M. Sabia a profité de son discours pour affirmer, devant quelque 560 personnes, que le projet de train électrique était au coeur de la mission de la Caisse, qui consiste à créer de la richesse tout en générant des rendements.

Si Montréal rayonne de plus en plus à l'étranger, les infrastructures de la métropole ne sont pas à la hauteur, a-t-il dit — ce qui, à son avis, freine sa compétitivité.

« C'est pourquoi il est urgent de bâtir des transports publics et efficaces », a prévenu le président et chef de la direction de la Caisse.

Les questions à l'égard du REM — qui a essuyé des critiques relativement à ses répercussions réelles sur l'environnement et sa rentabilité financière — sont légitimes, a convenu M. Sabia, soulignant que le projet pouvait et continuerait d'être amélioré.

Plantation d’arbres et concours d’intégration d’art

Pour compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) du chantier, il a annoncé que la Caisse s'engageait à planter 250 000 arbres dans la région de Montréal, une décision qui permettra d'atteindre l'objectif de 375 000 arbres dans le cadre du 375e anniversaire de la métropole.

De plus, afin de personnaliser le REM dans le milieu de vie des citoyens, des concours seront déployés prochainement pour identifier des « idées neuves » visant à intégrer l'art, l'environnement ainsi que la culture.

« Nous voulons trouver des façons créatives de rendre ce projet intéressant sur le plan culturel », a dit M. Sabia.

Par ailleurs, la CDPQ dévoilera vendredi ses résultats pour l'exercice 2016. Au cours des six premiers mois de l'année, l'investisseur avait affiché un rendement de 2 %.

En 2015, le rendement avait été de 9,1 %.