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Rencontre Trudeau-Obama : l'espoir des producteurs d'énergie propre

Solaire, éolien, hydro-électricité. Les producteurs canadiens d'énergie propre espèrent que la plus grande collaboration annoncée par le président Obama et le premier ministre Trudeau leur permettra d'exporter davantage aux États-Unis. Mais certains croient qu'il faudra un coup de pouce d'Ottawa pour que leur industrie puisse être compétitive.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les producteurs canadiens d'énergie propre sont optimistes. Les énergies renouvelables sont au coeur de la déclaration commune signée jeudi par le président américain Barack Obama et le premier ministre canadien Justin Trudeau. Leurs deux pays s'engagent entre autres à accroître la part d'énergie éolienne, d'énergie solaire et d'hydroélectricité dans leurs réseaux. 

Pour les producteurs canadiens, les États-Unis, avec plus de 320 millions d'habitants, peuvent représenter une véritable mine d'or. « L'électricité canadienne devient de plus en plus compétitive, elle est propre. Et elle est assez alléchante du côté américain », explique Jean-François Nolet, vice-président de l'Association canadienne de l'énergie éolienne.

En plus de cette déclaration, le projet du président Obama de diminuer la consommation d'énergie au charbon donne des espoirs aux producteurs canadiens d'énergie propre. La loi américaine sur cette question fait présentement l'objet d'une révision judiciaire, mais une étude menée par la North American Electric Reliability Corporation a évalué que lorsqu'elle sera appliquée, le Canada pourrait tripler ses exportations d'énergies propres au sud de sa frontière d'ici 2030. 

Une industrie assez compétitive?

Une plus grande collaboration entre le Canada et son voisin sur la question des énergies propres signifie de meilleures opportunités pour les entreprises canadiennes en sol américain, mais pourrait aussi ouvrir la porte au marché canadien pour les producteurs américains d'énergie solaire et éolienne. Ces entreprises ont été bien traitées ces dernières années par le gouvernement des États-Unis. Des crédits d'impôt pour encourager le développement et la consommation d'énergies propres ont d'ailleurs été récemment renouvelés par le Congrès.

Ottawa, qui veut mettre l'accent sur le développement des énergies propre, pourrait mettre sur pied des mesures semblables à celles établies aux États-Unis. Mais avant d'avoir des détails, il faudra patienter jusqu'au 22 mars, date du dépôt du budget fédéral.

« On sait qu'au Canada on doit être plus productif, on doit développer l'innovation. C'est le genre d'enjeux dont les gens nous ont parlé dans nos consultations prébudgétaires », dit François-Philippe Champagne, secrétaire parlementaire du ministre des Finances. 

La compétition des énergies fossiles

Pour l'instant, les hydrocarbures demeurent les exportations énergétiques canadiennes les plus importantes. Selon l'économiste Jean-Thomas Bernard de l'Université d'Ottawa, même si ces dernières années le coût d'exploitation de l'énergie renouvelable a diminué, le prix du gaz naturel a également chuté, ce qui en fait un redoutable compétiteur. Il note que le gaz naturel demeure moins polluant que le charbon.

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