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Renégociation de l’ALENA : visions différentes, même prudence

Les négociateurs engagés dans la sixième ronde de pourparlers de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), à Montréal, se montrent prudents dans leurs commentaires alors que, pendant ce temps, des gestes posés par le Canada et les États-Unis montrent leurs visions diamétralement opposées.

D'un côté, le Canada prend des mesures pour diversifier son commerce en signant le Partenariat transpacifique (PTP) à Davos. De l'autre, les États-Unis imposent des tarifs douaniers sur des machines à laver et des panneaux solaires asiatiques.

Malgré tout, le président américain Donald Trump a affirmé mardi, depuis le Bureau ovale, que les pourparlers sur l’ALENA « avancent plutôt bien ».

Les négociateurs canadiens sont de leur côté moins optimistes.

Le négociateur en chef du Canada dans le dossier de la renégociation de l’ALENA, Steve Verheul, croit qu’il est encore trop tôt pour dire si les pourparlers vont porter fruit. Il indique toutefois avoir de « grands espoirs » de faire progresser les discussions.

Il ajoute que le Canada est « venu à Montréal avec beaucoup de nouvelles idées, beaucoup de stratégies créatives pour tenter de combler certaines lacunes dans les négociations ».

Pas de « déblocage important », dit Raymond Bachand

Le négociateur en chef du Québec, Raymond Bachand, de son côté, « ne mettrait pas un gros pari » sur la possibilité qu’il y ait un déblocage important pendant cette ronde de discussions, « parce qu’avant d’aborder les très grands enjeux, il faut au moins régler tous les enjeux techniques ».

« On espère progresser sur les dossiers [techniques] cette semaine », dit-il, notamment la mobilité des personnes et les doubles inspections sur les produits agroalimentaires et pharmaceutiques canadiens.

Il déplore le manque de souplesse démontré par les Américains jusqu’à aujourd’hui.

« On espère qu’ils arrivent un peu mieux préparés et porteurs de cette flexibilité-là », ajoute Raymond Bachand.

Lors des cinq sessions de négociations qui se sont déroulées depuis l’été dernier, l’ALENA a été menacé par l’absence de progrès notables sur plusieurs dossiers litigieux.

Raymond Bachand rappelle que plusieurs demandes des Américains sont trop exigeantes et inacceptables pour le Canada, notamment l’abolition du système de gestion de l’offre dans l’industrie agroalimentaire et l’abolition de l’exemption culturelle.

Contrer la montée du protectionnisme américain

Le Canada a toutefois toujours pour objectif de convaincre les États-Unis de ne pas se retirer de l’ALENA, a indiqué le premier ministre Justin Trudeau, de Davos.

Les négociations se déroulent à Montréal jusqu’au 29 janvier.