Le phare de Cap-des-Rosiers pourra finalement reprendre sa saison interrompue par des travaux d'urgence et des tests sur la qualité de l'air.

Un texte de Joane Bérubé

C'est d'autant plus une bonne nouvelle pour les membres du Site historique maritime de Cap-des-Rosiers que cette réouverture se fera lors de la Journée québécoise des phares. L'accès au site et les visites guidées seront d'ailleurs gratuits pour la journée.

Le site était toujours ouvert au public et les guides étaient disponibles pour raconter l’histoire du plus haut phare du pays, mais les visites dans la tour du phare étaient suspendues depuis le 28 juin.

Après avoir observé des moisissures dans la tour qui mène au haut du phare, Pêches et Océans avait exigé vendredi que des analyses de la qualité de l'air soient effectuées avant de rouvrir le phare au public. Ces analyses ont été réalisées lundi dernier.

Selon le président du Site historique maritime de Cap-des-Rosiers, Jean-Paul Salaün, la microbiologiste a indiqué à Pêches et Océans Canada que d’après son expérience, il n'y avait pas de problème pour que les visites puissent se poursuivre. « Sauf quelques recommandations comme de ne pas toucher aux murs pour ne pas toucher aux quelques moisissures ou lichens qui trainent sur les murs », poursuit M. Salaün.

Délaissement par Pêches et Océans Canada

Selon le dernier rapport déposé par Pêches et Océans Canada, le phare de Cap-Des-Rosiers, le plus haut au Canada, a besoin d’une restauration évaluée à 6,5 millions de dollars.

L’infrastructure a toutefois été jugée excédentaire par le ministère. M. Salaün se désole de constater que Pêches et Océans refuse d’investir dans le phare pour le rénover, même s’il demeure toujours en fonction.

« Pêches et Océans nous explique que les phares ne sont plus nécessaires puisqu’une lumière au bout d’un poteau métallique ferait l’affaire », relate le président du Site historique. « Dans ce cas-là, je ne vois pas pourquoi tous les phares du Canada ne sont pas jugés excédentaires », poursuit M. Salaün.

Ce dernier observe ce n’est pas du tout le cas, car certains phares de la Colombie-Britannique ou de Terre-Neuve sont très bien entretenus et disposent même de gardien. « C’est clairement deux poids, deux mesures », dit-il.

Gaspé à la rescousse du phare de Cap-des-Rosiers

Devant cette situation, la Ville de Gaspé a adopté mardi soir une résolution demandant à Pêches et Océans Canada de transférer la propriété du phare de Cap-Desrosiers à l'Agence Parcs Canada.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, a aussi été mandaté pour rencontrer les ministres fédéraux responsables du dossier. Gaspé estime qu’il est du mandat de Parcs Canada de préserver les lieux historiques du Canada comme le phare de Cap-Desrosiers.

Le maire souligne d’ailleurs que le phare est situé sur un terrain jouxtant le parc national Forillon.

La proposition reçoit l’appui des principaux intervenants du dossier, indique le maire Daniel Côté.

Le président du Site historique, Jean-Paul Salaün, rappelle d’ailleurs qu’un autre phare historique, celui de Pointe-au-père, classé lieu historique, est géré par le Parc Forillon. « C’est, dit-il, dans le mandat de Parcs Canada. C’est bien écrit qu’en tant que gardien, Parcs Canada veille sur les parcs nationaux, les lieux historiques et les aires maritimes protégées. »

Revenir à la charge autrement

Ce n’est pas la première fois que cette proposition est envisagée. « Le son de cloche qu’on a, explique Daniel Côté, c’est qu’il ne veulent pas nécessairement acquérir de nouvelles infrastructures, ils en ont déjà plein les bras, sauf qu’il suffit qu’il y ait une décision politique et ils vont le prendre dans leur mandat, tout simplement. »

D’ici l’automne, Daniel Côté souhaite donc s’asseoir avec Mélanie Joly, ministre du Patrimoine, Dominique Leblanc, ministre des Pêches et des Océans, Catherine Mckenna, ministre de l’Environnement et de Parcs Canada ainsi qu’avec la ministre du Revenu et député de la région, Diane Lebouthillier.

« On est capable de protéger nos infrastructures historiques. Il faut prendre acte de notre patrimoine et le protéger », commente Daniel Côté qui espère rencontrer les élus fédéraux d’ici l’automne.

Le Site historique et maritime de Cap-des-Rosiers emploie sept personnes, dont quatre guides. D’ailleurs, du personnel supplémentaire a été embauché cette année en raison de ce qui s’annonce comme une excellente saison touristique.

La fermeture temporaire du phare a été vécue comme une quasi catastrophe pour les membres du petit organisme qui travaille bénévolement au maintien de l’infrastructure historique.

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