C'est la première fois en cinq ans que les chasseurs retournent en mer pour chasser le phoque du Groenland. Après la chasse au phoque gris qui a été infructueuse il y a quelques semaines, il s'agit d'une deuxième chance pour les chasseurs de remplir leur cale de loup-marin.

Un texte de Jean-François Deschênes en collaboration avec Philippe Grenier et une entrevue réalisée à Bon pied, bonne heure.

La chasse au phoque du Groenland avait été interrompue notamment parce que les glaces n'étaient pas au rendez-vous dans les dernières années.

Durant ce temps, les chasseurs madelinots se sont tournés vers le phoque gris.

Il est plus gros et tellement abondant aux Îles-de-la-Madeleine que les pêcheurs craignent, entre autres, pour l'écosystème et aussi pour la pérennité de la pêche, car les mammifères mangent énormément de poisson.

Le succès de la prochaine chasse dépend de la météo et des glaces.

Les chasseurs espèrent récolter entre 1000 et 1500 phoques, une quantité qui ne suffira pas à combler la demande, explique le directeur de l'Association des chasseurs de phoques intra-Québec, Gil Thériault.

« Ce qui est une bonne nouvelle en soi, dans le sens où la demande est croissante, dit-il. Récemment, on a eu Daniel Vézina et Raphaël Vézina qui étaient aux Îles pour le Rendez-vous loup-marin. C’est certain que lorsqu’on a l’aval d’un grand chef cuisinier de cette trempe, ça augmente la demande. »

Les seuls acheteurs de la viande de phoque sont la Boucherie Côte-à-Côte et les restaurants de l’archipel.

Dans le futur, la peau et la graisse doivent être achetées par Total Océan, une entreprise de transformation en démarrage qui fabrique, entre autres, des huiles riches en oméga-3.

Pour l’instant, les produits de la chasse serviront à faire des tests. La date d'ouverture officielle de l'entreprise n'est toujours pas confirmée.

Visite en Norvège

Gil Thériault arrive d’un séjour en Norvège où il a pu assister à une rencontre de la NAMMCO.

Le Canada est pour l’instant observateur dans cette association, précise le Madelinot qui aimerait que le pays en devienne membre.

Il pourrait ainsi profiter des informations et du réseau de contacts de l’organisation, précise Gil Thériault. « Donc d’aller également parler à des professionnels, des spécialistes des mammifères marins sur la planète, c’est drôlement intéressant, peut-être qu’ils ont eu des cas similaires aux nôtres et voir comment ils ont arrangé ce problème-là. »