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Retour sur l'année économique de la Saskatchewan en 2016

L'économie de la Saskatchewan a été mise à rude épreuve pendant l'année 2016. Voici cinq moments qui ont marqué les finances de la province depuis janvier.

1. Un budget déficitaire

Le gouvernement de la Saskatchewan a déposé un budget déficitaire en juin.

Premier déficit en 22 ans pour la province, il s'élevait à 434 millions de dollars.

Le ministre des Finances, Kevin Doherty, a alors expliqué ce déficit par des pertes de revenus de près de 1 milliard de dollars provenant des ressources non renouvelables comme le pétrole et la potasse.

Le gouvernement Wall tient sa promesse de ne pas augmenter les impôts des contribuables.

Certaines compressions ont toutefois été annoncées: le gouvernement a éliminé le crédit d'impôt pour les activités sportives et culturelles des enfants, et a augmenté de 5 $ le montant payé par les prestataires de l'assurance médicaments pour les enfants et les personnes âgées.

2. Mise à jour du budget

En novembre, le ministre annonçait dans son rapport de la mi-année un déficit beaucoup plus élevé que ce qui avait été prévu : le montant attendu était dorénavant d'un milliard de dollars.

Kevin Doherty estimait que les revenus provenant des taxes avaient diminué de 400 millions de dollars comparativement au budget de juin.

Il s'agissait aussi, selon le ministre, de pertes de revenus tirés du pétrole et de la potasse, ainsi que des investissements du secteur minier qui ont diminué.

3. L'industrie de la potasse

L'augmentation de la production de potasse en Saskatchewan a mené à une offre trop abondante sur le marché cette année et a eu un impact sur les prix.

Par exemple, la compagnie saskatchewanaise PotashCorp a enregistré au second trimestre des résultats près de six fois moins élevés à la tonne qu'en 2008, et près de trois fois moins élevés qu'il y a quelques années.

Cette baisse des prix a entraîné des fermetures de mines, des mises à pied et des baisses de revenus pour le gouvernement, selon le professeur à l'Université de la Saskatchewan, Brooke Dobni.

Dans la foulée de ces pertes, PotashCorp et Agrium ont annoncé en septembre la fusion de leurs activités, créant un géant agricole d'une valeur de 47 milliards de dollars canadiens.

La minière Mosaic a aussi subi des impacts. Elle a fait 330 mises à pied en juillet dans la foulée de la suspension des activités de sa mine de Colonsay, à environ 70 kilomètres à l'est de Saskatoon.

Les entreprises Karnalyte Resources Inc et BHP Billiton ont elles aussi essuyé des pertes.

4. L'industrie pétrolière

Les effets de la chute du prix du pétrole de 2015 se sont fait sentir cette année dans la province.

L'industrie a vécu un ralentissement des investissements et de la demande de main-d'oeuvre, ainsi que la perte de plusieurs emplois.

En août 2015, le rédacteur en chef du magazine Pipeline News, Brian Zinchuk, affirmait que les compagnies pétrolières n'exploitaient pas de nouveaux puits, ce qui affectait la production.

L'industrie pétrolière a d'ailleurs été ébranlée par l'important déversement de pétrole dans la rivière Saskatchewan Nord en juillet.

Plus de 200 000 litres de pétrole et de produits chimiques se sont écoulés d'une fuite d'un pipeline de l'entreprise Husky Energy dans l'ouest de la province, près de Maidstone.

5. Les projections pour 2017

Selon le Conference Board du Canada, la récession de la Saskatchewan se terminera bientôt.

L'organisme prévoit une croissance de 1,2 % pour 2017-2018, avec notamment un lent redressement dans le secteur des ressources naturelles, mais qualifie encore le contexte économique de la province comme « fragile ».

L'industrie de la potasse sera marquée par l'incertitude, selon les spécialistes du Conference Board.

Selon eux, la reprise du secteur des services permettra une modeste création d'emplois.

Aussi, le secteur pétrolier se réjouit de l'approbation par Ottawa de deux pipelines et de la remontée des prix du pétrole à la suite de la décision des pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) de réduire leur production.

Cela est sans compter qu'une décision sur le projet de pipeline Keystone XL, fort attendue de la part de l'industrie, doit bientôt être prise par le nouveau président des États-Unis, Donald Trump.

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