Retour

Rétrocession du port de Matane : pomme de discorde entre Québec et Ottawa

Radio-Canada a appris que les négociations entre Québec et Ottawa en vue de la rétrocession et la réfection du port de Matane achoppent sur un point en particulier. Transports Canada pourrait rétrocéder le quai au provincial, accompagné d'un chèque, pour que celui-ci fasse ensuite les travaux, ce qui pourrait entraîner des délais importants.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Le temps commence à presser. Le quai commercial de Matane, construit entre 1968 et 1971, atteindra la fin de sa vie en 2023.

On sait qu'Ottawa entend céder le quai au gouvernement provincial. Mais selon nos informations, Transports Canada envisagerait que Québec s'occupe des travaux. Le ministère préférerait céder les installations au gouvernement provincial, accompagné d'un chèque.

Cette option, au coeur des négociations actuelles, pourrait cependant entraîner des délais supplémentaires avant le début des travaux, puisque la loi québécoise en matière d'environnement est plus contraignante que la loi fédérale. On parle d'un an de plus, peut-être deux. De quoi inquiéter bien des travailleurs, puisque des centaines d'emplois reposent sur le port. On craint une fermeture, ne serait-ce que temporaire, du quai.

De récents travaux sur le quai éperon qui appartient aussi à Transports Canada accumulent plus d'un an de retard en raison de pieux trop solidement enfoncés dans la glaise. Il est donc loin d'être impossible que de telles surprises surviennent lors des travaux au quai commercial.

Ajoutons à celà que Transport Canada détient une expertise dans la gestion de tels travaux.

Le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D'Amour, a indiqué la semaine dernière qu'une annonce aurait lieu probablement d'ici l'été prochain. Le milieu matanais espérait une entente avant la fin de l'année 2017, justement pour lancer le processus d'appel d'offres le plus rapidement possible.

Imprécision concernant l'état réel des installations

Radio-Canada a finalement obtenu l'étude commandée au groupe CIMA en 2013 et qui dresse un portrait de l'état général du quai commercial. C'est dans cette étude que la date butoir de 2023 est avancée. Par contre, les auteurs de cette étude ne sont pas catégoriques.

D'abord, jamais ils n'ont pu inspecter la structure. Leurs conclusions reposent sur un rapport qui date de 2007 et sur des photos fournies par Travaux publics Canada. L'étude mentionne d'ailleurs en conclusion que « certains dommages constatés ainsi que leurs étendues peuvent présenter un niveau de sévérité qui pourrait être différent de l'interprétation des auteurs ».

Il est probable par contre que Transports Canada ait réalisé d'autres inspections depuis 2013.

Une capacité portante faible

Déjà, depuis 2013, la capacité portante de la dalle de béton force les utilisateurs à modifier leur technique de transbordement au quai commercial de Matane. Cette dalle supportait une pression de 70 kPa, mais celle-ci a été revue à la baisse en 2013.

Actuellement, la charge maximale autorisée est de 24 kPa seulement. Mais encore là, l'étude de 2013 n'est pas catégorique. « La capacité actuelle du quai repose sur l'hypothèse que l'acier et le béton des poutres sont en bon état. »

Plus d'articles

Commentaires