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Rétrospective : 16 nouvelles économiques qui ont marqué 2016

Si le Brexit a causé une onde de choc en Europe et sur les marchés financiers, la vente controversée de Rona, la surenchère immobilière et l'entente entre Québec et Uber ont fait couler beaucoup d'encre au Canada. Retour sur 16 histoires qui ont marqué l'économie en 2016.

1. 3 FÉVRIER - VENTE DE RONA À LOWE'S

En février, l'annonce de la vente de la quincaillerie québécoise Rona au géant américain Lowe's pour la somme de 3,2 milliards de dollars américains provoque un tollé; les partis d'opposition accusent le gouvernement libéral de laisser partir un fleuron québécois. En mars, les actionnaires de Rona approuvent la vente.

Par contre, la controverse entourant la vente de Rona aura eu raison de Jacques Daoust, qui démissionne au mois d’août à titre de ministre des Transports et de député de Verdun. M. Daoust se défend d'avoir joué un rôle dans la décision de donner l'autorisation à Investissement Québec de se départir de ses 11 millions d'actions de Rona.

2. 22 MARS - PREMIER BUDGET MORNEAU : UNE NOUVELLE ÈRE DE DÉFICITS

Le déficit sera de 29,4 milliards de dollars cette année, annonce le ministre des Finances Bill Morneau lors du dévoilement de son premier budget à Ottawa, soit une somme trois fois plus importante que ce qui a été promis en campagne électorale. La taille des déficits diminuera tranquillement au cours des prochaines années pour s'établir à environ 14 milliards de dollars en 2020, année des élections.

Le premier budget Morneau met l'accent sur les investissements en infrastructures et la reconstruction du tissu social.

3. 31 MARS – ST-HUBERT VENDU À UNE ENTREPRISE ONTARIENNE

En mars, le PDG de la rôtisserie québécoise St-Hubert annonce que l’entreprise a été achetée pour 537 millions de dollars par Cara, une entreprise ontarienne qui exploite plus de 10 000 établissements de restauration rapide au Canada et aux États-Unis (Le Chalet Suisse, Harvey’s East Side Mario’s et Casey’s). Les rôtisseries St-Hubert, qui comptent 117 restaurants, deux usines de production alimentaire à Boisbriand et à Blainville, ainsi que deux centres de distribution à Anjou et à Boisbriand, ont un chiffre d'affaires annuel de 620 millions de dollars.

4. DES HAUTS ET DES BAS POUR BOMBARDIER ET SA C SERIES

En avril, Delta Air Lines annonce qu’elle va acquérir au moins 75 appareils de la C Series de Bombardier Avions commerciaux et pourrait en acheter jusqu'à 125.

En février, Bombardier annonce l’abolition de 7000 emplois, soit 11 % de sa main-d'oeuvre totale. La multinationale prévoit 3700 « embauches stratégiques » notamment dans le programme de la C Series.

Le 23 juin, Bombardier confirme l'investissement de 1 milliard de dollars du gouvernement du Québec dans la C Series. Par contre, l'aide de 1 milliard de dollars réclamée par Bombardier au gouvernement fédéral pour soutenir la commercialisation de la C Series se fait toujours attendre, mais Ottawa demeure ferme sur ses conditions.

En septembre, l’agence de notation Standard and Poor's décote Bombardier. En octobre, Bombardier annonce qu'elle abolira 7500 emplois, dont 2000 au Canada, au cours des deux prochaines années.

5. PRINTEMPS ET AUTOMNE – BANQUES CANADIENNES : EMPLOIS ÉLIMINÉS ET RESTRUCTURATION

Au cours de la dernière année, de nombreuses institutions financières canadiennes dont la Banque Nationale, la Banque Laurentienne et le Mouvement Desjardins ont annoncé des restructurations, tout comme la Banque de Montréal, la Banque Scotia, la Banque TD ainsi que la CIBC. La Banque de Montréal annonce qu’elle élimine 1850 postes, le Mouvement Desjardins supprime 83 postes de directeurs et de directeurs principaux; la Banque Laurentienne annonce l'abolition d'environ 300 postes et la fusion de 50 succursales et la Banque Nationale supprime 900 postes.

6. 20 JUIN – RÉFORME DU RÉGIME DE PENSION DU CANADA

En juin, les ministres des Finances du fédéral et de huit provinces s'entendent pour bonifier le Régime de pensions du Canada (RPC). Le Québec et le Manitoba ne signent pas l'entente. Les changements au RPC commenceraient en 2019 et seraient pleinement en vigueur en 2025.

Selon l'entente, un travailleur gagnant un revenu moyen de 55 000 $ verserait une contribution de 7 $ de plus par mois au RPC dès 2019. En 2023, ce même travailleur cotiserait 34 $ de plus par mois. Son employeur égalerait ces montants. À terme, les prestations annuelles maximales d'un travailleur retraité augmenteraient d'environ 33 % pour atteindre 17 478 $.

7. 23 JUIN – CONTRECOUPS ÉCONOMIQUES DU BREXIT

Le 23 juin, lors d'un référendum, les électeurs britanniques choisissent de quitter l'Union européenne (UE). Le taux de participation s'est établi à 72,2 % et le camp du Brexit l'emporte avec 51,9 % des voix. Le lendemain, David Cameron annonce qu'il démissionne à titre de premier ministre. Les bourses mondiales ont plongé les jours suivant le référendum. Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu'il réduisait à 3,1 % sa prévision de croissance pour cette année et à 3,4 % pour l'an prochain.

L’article 50 - qui entamerait officiellement le processus de retrait de l’UE - n’a toujours pas été invoqué.

8. 2 AOÛT – SURCHARGE POUR LES ACHETEURS ÉTRANGERS À VANCOUVER

La Colombie-Britannique autorise à la fin du mois de juillet l'imposition d'une taxe foncière de 15 % aux entreprises et aux ressortissants étrangers qui font des achats immobiliers dans la grande région de Vancouver, dans le but de contrer le problème d'accessibilité au logement et les prix exorbitants des habitations. La loi permet aussi à la Ville de prélever une taxe sur les logements inhabités.

9. 30 AOÛT – AMENDE DE 13 MILLIONS DE DOLLARS CONTRE APPLE

La Commission européenne ordonne en août à Apple de verser 18,9 milliards de dollars d'impôts impayés à l'Irlande après avoir conclu que les arrangements fiscaux entre Dublin et le groupe américain constituaient une aide publique illégale. La Commission a déterminé que les avantages fiscaux octroyés à la compagnie entre 2003 et 2014 lui ont permis « d'éviter l'impôt sur pratiquement l'intégralité des bénéfices générés » par ses ventes dans l'Union européenne.

10. 14 SEPTEMBRE – BAYER ACHÈTE MONSANTO

En septembre, le géant allemand de la chimie Bayer achète le controversé fabricant de pesticides et semences Monsanto pour 66 milliards de dollars américains en argent, créant du coup un nouveau numéro un mondial dans ce secteur. Bayer paiera 128 $US par action de Monsanto, soit une prime de 44 % par rapport au cours de la firme américaine le 9 mai, lors de la présentation d'une première offre de rachat. Cette première proposition avait été rejetée par Monsanto. Cette fusion devra toutefois être approuvée dans une trentaine de juridictions.

11. 8 SEPTEMBRE – ENTENTE ENTRE QUÉBEC ET UBER

Le 8 septembre, le gouvernement du Québec et Uber concluent une entente sur un projet pilote d'un an. L'entente prévoit notamment que les chauffeurs d'Uber devront obligatoirement détenir un permis de classe 4c (taxi et limousine), mais ne seront pas tenus d’acheter des permis pour exploiter un taxi. Les chauffeurs d’Uber devront verser une redevance dans un fonds voué à l’amélioration de l’industrie du taxi et la multinationale sera tenue de payer des taxes et impôts tout en percevant la TPS et la TVQ.

En octobre, les chauffeurs de taxi manifestent après avoir essuyé deux revers devant les tribunaux pour faire cesser les activités d'Uber.

12. 18 OCTOBRE – LES RÈGLES HYPOTHÉCAIRES AU CANADA RESSERRÉES

De nouvelles règles hypothécaires entrent en vigueur pour les acheteurs qui ne peuvent verser une mise de fonds de 20 % de la valeur d'achat totale de la maison. Ces nouvelles mesures fédérales doivent permettre aux Canadiens qui contractent des prêts hypothécaires de les rembourser, même si les taux d'intérêt augmentent ou que leur revenu baisse à l'avenir. Cette exigence concerne notamment les prêts hypothécaires à taux fixe de cinq ans ou plus.

L’Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) craint que ces nouvelles règles n'entraînent une chute des nouvelles mises en chantier résidentielles au pays.

13. 25 NOVEMBRE – LE DOSSIER DU BOIS D'OEUVRE CANADIEN DANS UNE IMPASSE

À la fin du mois de novembre, l'inquiétude a monté d'un cran dans le conflit du bois d'œuvre avec les États-Unis quand un lobby américain a déposé une plainte contre les exportateurs canadiens auprès de la Commission du commerce international des États-Unis pour concurrence déloyale et dumping.

L’accord sur le bois d’œuvre est expiré depuis octobre 2015. Cette demande d’enquête pourrait signaler le début d’un autre litige commercial qui pourrait s'éterniser devant les tribunaux. Ce sera la cinquième fois depuis 1983 qu'un conflit éclate entre le Canada et les États-Unis dans cet épineux dossier.

14. 26 OCTOBRE – LA SAQ  BAISSE LES PRIX DE SES VINS

En octobre, la Société des alcools du Québec (SAQ) annonce une baisse de prix sur la majorité de ses vins dans le but de s'aligner sur les prix de la LCBO et de ramener le coût pour les consommateurs au même niveau qu'en Ontario.

La SAQ commence le 9 novembre avec une réduction de 50 cents sur 1600 vins courants et en approvisionnement continu, soit près de 80 % du volume de ventes de la société d'État. Les détails des prochaines étapes restent à préciser.

15. 30 OCTOBRE – SIGNATURE DE L'ACCORD CANADA-UE

Le 30 octobre, le Canada et l'Union européenne signent une entente globale de libre-échange négociée sur sept ans. L’accord doit supprimer 99 % des droits de douane entre les deux entités.

L'accord a bien failli ne pas voir le jour, la région belge de la Wallonie n'ayant accepté qu'à la dernière minute de l'appuyer, à la suite de négociations. Au Canada, des craintes importantes subsistent, notamment chez les producteurs de fromages qui craignent l’arrivée massive de fromages européens et chez les petites entreprises qui redoutent d'être défavorisées au profit des multinationales.

16. 1er DÉCEMBRE – EXPIRATION DES POINTS : AIR MILES FAIT VOLTE-FACE

Face à une levée de boucliers de ses adhérents, le programme de fidélisation Air Miles annonce qu'il annule la politique d'expiration de ses points. Ainsi, ses membres ne perdront pas leur solde accumulé depuis cinq ans ou plus le 31 décembre. Une demande de recours collectif a été déposée en septembre contre LoyaltyOne, la société qui exploite Air Miles, pour dénoncer l'ajout d'une règle d'expiration de cinq ans pour les points accumulés.

Et vous? Quelle est la nouvelle économique qui vous a le plus marqué au cours de la dernière année?

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