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Sables bitumineux : Justin Trudeau provoque l’indignation de politiciens albertains

Des propos du premier ministre Justin Trudeau disant vouloir « éliminer progressivement » les sables bitumineux ont rapidement provoqué l'indignation de certains politiciens albertains sur les réseaux sociaux.

En s’exprimant à une assemblée à Peterborough en Ontario, dans le cadre de sa tournée pancanadienne, le premier ministre a été interrogé sur l'approbation des pipelines par son gouvernement et sur son engagement envers l'environnement.

« Je l’ai souvent dit, on ne peut pas faire un choix entre ce qui est bon pour l'environnement et ce qui est bon pour l'économie », a déclaré Justin Trudeau. « Nous ne pouvons pas fermer les sables bitumineux demain. Nous devons les éliminer progressivement. Nous devons gérer la transition de notre dépendance aux combustibles fossiles. »

« Cela va prendre du temps et, entre-temps, nous devons gérer cette transition », dit-il.

Des commentaires qui lui ont aussitôt attiré les foudres de certains politiciens albertains.

Dans un communiqué de presse, le chef du Wildrose, l’opposition officielle à Edmonton, Brian Jean, condamne les commentaires du premier ministre.

Selon lui, les propos de Justin Trudeau viennent confirmer « la pire peur des Albertains à propos du gouvernement libéral et de ses plans pour le secteur énergétique ».

Si Monsieur Trudeau veut fermer les sables bitumineux de l'Alberta et veut fermer ma ville natale, qu’il soit averti : il devra d'abord passer par moi et quatre millions d'Albertains.

Brian Jean, chef du Wildrose

M. Jean estime que les bénéfices des sables bitumineux ne doivent pas être sous-estimés.

« Ils fournissent des centaines de milliers d'emplois bien rémunérés aux Canadiens d'un océan à l'autre et soutiennent les services gouvernementaux de base de nombreuses provinces canadiennes », dit-il. « Y compris la province de résidence de M. Trudeau, le Québec, qui a englouti des milliards de dollars de péréquation des poches des Albertains pendant des années. »

Le candidat à la chefferie des progressistes-conservateurs de l’Alberta Jason Kenney s’indigne aussi, par l'entremise de Twitter, des commentaires du premier ministre libéral.

« Le premier ministre Justin Trudeau dit que nous devons éliminer les sables bitumineux du Canada », écrit-il. « Donc, il veut remettre toute la production pétrolière mondiale à l'Arabie saoudite, l'Iran et le Qatar? »

Rachel Notley pas inquiète

Questionnée sur les commentaires de Justin Trudeau, la première ministre albertaine, Rachel Notley, dit ne pas trop vouloir s’en faire. Elle rappelle que les propos ont tout de même été tenus par un premier ministre qui vient d’approuver deux projets d’oléoducs qui viendront aider à diversifier le marché et son produit qui provient des sables bitumineux.

« Quand vous venez d’approuver un pipeline, vous ne pouvez pas parler de l’éliminer progressivement, explique Mme Notley. Mais le marché mondial n’est pas près de partir. Le travail des Albertains et des Canadiens est de s’assurer que le marché mondial garde ses yeux sur nos sables bitumineux comme étant le premier choix où ils doivent aller prendre leurs produits. »

En vantant le pétrole provenant de l’Alberta, Rachel Notley en a aussi profité pour rappeler l’importance des innovations pour réduire les émissions de gaz à effets de serre.

« C’est ce qui attirera les gens vers les sables bitumineux pendant longtemps », conclut-elle.

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