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Salaire minimum : des petites entreprises augmentent leurs prix

Certaines entreprises augmentent leurs prix dans le but de refiler la facture de l'augmentation du salaire minimum aux consommateurs.

La semaine dernière, les propriétaires d'un Tim Hortons près de Toronto ont soulevé un tollé après avoir indiqué à leurs employés qu'ils perdraient leurs pauses payées et leurs avantages sociaux en raison de la hausse du salaire minimum dans la province.

Or, d'autres entreprises de la région ont choisi d'adopter une approche différente en adhérant à ce changement et en prennent des mesures pour ne pas pénaliser leurs employés.

Par exemple, le restaurant mexicain Chula, situé à l'est de Toronto, vise notamment à réduire le temps requis pour préparer les ingrédients requis à l'assemblage des repas, indique son copropriétaire, Bryan Burke.

« Si nous avons un plat par exemple qui requiert le travail de quatre personnes et prend trois heures de préparation, nous tentons de voir comment nous pourrions réduire ce temps à deux heures, sans altérer la qualité de ce plat », dit-il.

Les prix de certains items sur le menu ont aussi été augmentés.

M. Burke dit avoir établi un plan pour faire face à la hausse du salaire minimum depuis l'an dernier. Il ajoute toutefois que l'échéancier adopté par la province rend l'adaptation difficile pour les petites entreprises.

« Nous sommes pour la hausse du salaire minimum, dit-il, mais c'est dommage que le gouvernement ait choisi une approche agressive pour cette hausse ».

The Coffee Bar, situé au centre-ville de Toronto, a aussi augmenté ses prix, indique sa propriétaire, Marie Coutu.

Elle dit vouloir offrir une augmentation salariale à ses employés, qui travaillent au-dessus du salaire minimum. La propriétaire dit toutefois avoir de la difficulté à payer le loyer et admet qu'elle a dû diminuer les heures de travail offertes aux employés.

« La hausse de 22 % ne prend pas en compte les autres choses que je dois payer comme le Régime de pensions du Canada et l'assurance-emploi », dit-elle.

The Coffee Bar a également un nouvel item sur son menu. Le « Kathleen Wynne Latte » coûte 22 dollars, comme dans 22 % d'augmentation du salaire minimum.

Du côté du Coffee Public Toronto à l'intersection des rues College et Bay, la gérante, Tracy Molyneaux explique que le coût de la vie à Toronto est extrême.

« Pour beaucoup de gens à Toronto, payer le loyer, l'épicerie et les factures mensuelles, c'est très difficile, alors nous voulons vraiment nous assurer que tous nos employés puissent vivre confortablement et être en mesure de subvenir à tous leurs besoins », explique Mme Molyneaux.

C'est pour cette raison que les employés ont reçu une augmentation et que les prix au café ont grimpé. « Très peu de gens se sont dit surpris des augmentations de prix, c'est bien », dit-elle.

Mme Molyneaux ne comprend pas comment les géants de la restauration peuvent réduire les bénéfices de leurs employés et dormir sur leurs deux oreilles. « Nous avons augmenté nos salaires pour tout le monde et nous sommes une très petite entreprise, alors je ne comprends pas pourquoi une grande entreprise comme Tim Hortons ne serait pas capable de faire la même chose pour ses travailleurs. »