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Sanctions américaines : l’industrie de l’aluminium encore dans la tourmente

Les sanctions économiques imposées par Donald Trump au géant russe de l'aluminium Rusal créent une commotion dans l'industrie. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les relations d'affaires de l'entreprise STAS et de Rio Tinto avec ce fournisseur mondial sont mises en péril.

Pour punir le Kremlin de son ingérence dans l'élection américaine et de son soutien au gouvernement syrien, Washington a placé la compagnie Rusal sur sa liste noire.

L’impact de ces pénalités va toutefois bien au-delà des frontières russes, car Rusal est l’un des plus gros clients de l'entreprise saguenéenne STAS qui emploie 175 personnes dans la région.

Pour ne pas se mettre les États-Unis à dos, STAS est forcée de mettre ses contrats en veilleuse.

Les pertes de l'entreprise pourraient atteindre des millions de dollars, précise Dominic Vézina, responsable des communications.

« C'est extrêmement complexe comme casse-tête et on espère que ça va se régler parce qu'il y a plusieurs personnes qui dépendent de ça. Nous, on fournit directement à Rusal, mais il y a d'autres personnes dans la chaîne d'approvisionnement qui sont impliquées et tout le monde va perdre un morceau malheureusement. »

Rio Tinto sur un pied d’alerte

Rio Tinto, qui exporte 80 % de son aluminium chez nos voisins américains, entend respecter les sanctions imposées par Donald Trump pour ne pas être pénalisée.

La pression devient énorme pour s'approvisionner en bauxite et en alumine.

Cette guerre géopolitique entre les États-Unis et la Russie a de quoi susciter beaucoup d'incertitude sur les marchés. En effet, le blocus américain a fait chuter l’action de Rusal de moitié et on remarque une véritable flambée du prix du métal gris.

« Ça vient changer complètement les sommes, l'offre et la demande partout dans le monde, ce qui fait que oui le prix va augmenter, mais aussi ça va créer une certaine rareté », note de son côté Malika Cherry de la Société de la Vallée de l’aluminium.

Ces inquiétudes s'ajoutent à celles entourant la renégociation de l'ALENA et la menace de surtaxe sur l'aluminium canadien.

D'après le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette