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Sears cesse de leur verser les indemnités promises

D'ex-travailleuses de Sears Canada vivent dans l'incertitude depuis que l'entreprise s'est placée sous la protection de ses créanciers. Deux employées non syndiquées qui ont été congédiées en début d'année ont cessé de percevoir leurs indemnités de cessation d'emploi.

L'une a travaillé durant plus de 20 ans chez Sears Canada, l’autre pendant plus de 10 ans. Elles ont accepté de témoigner de leur situation dans l’anonymat par peur de représailles de leur ex-employeur.

Entente brisée?

Jusqu'à cette année, elles occupaient des postes considérés comme de direction, malgré leur faible rémunération.

Compte tenu de leur ancienneté, elles avaient conclu une entente confidentielle avec Sears qui leur accordait des indemnités de cessation d'emploi.

« Sears s'engageait à me verser tant de semaines de salaire qui m'amenaient jusqu'en 2018 et, le 22 juin dernier, j'ai reçu une lettre comme de quoi Sears cessait les versements », explique l'une des deux ex-employées.

Sears Canada s'étant placée à l'abri de ses créanciers, les deux femmes ne reçoivent plus un sou.

Sentiment d'injustice

C'est après avoir appris que Sears verserait plus de 9 millions de dollars en prime à des membres de la direction qu'elles ont accepté de témoigner.

« Je suis vraiment hors de moi avec ce que je viens d'apprendre : qu'ils donnaient des sous aux hauts dirigeants, à nos dépens », affirme l’une d’elles.

« C'est notre argent à nous et ce sont les hauts dirigeants qui vont encore se remplir les poches avec l'argent qu'ils vont faire avec les indemnités qu'ils ne donnent pas à ceux qui devraient en avoir », déplore l'une des deux dames.

Un relationniste de Sears Canada a répondu par écrit aux questions de Radio-Canada en fin de soirée.

On nous a renvoyé à un communiqué émis le 6 juillet dernier, qui indiquait que les paiements avaient été suspendus par manque de liquidités.

Quant aux primes aux hauts dirigeants, Sears réitère qu'elles ont été accordées à certains cadres-clés qui participeront à la restructuration.

Précarité financière

Les deux dames ne savent pas si elles recevront les milliers de dollars qui leur avaient été promis.

Les deux femmes étaient déjà dans des situations difficiles financièrement. Avec la fin des paiements, elles vivent maintenant dans une situation de grande précarité, au point d’en perdre le sommeil.

D'après les informations de Sarah Désilets-Rousseau

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