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Serres Toundra : d’anciens employés se vident le coeur

Les choses semblent loin d'être rose aux Serres Toundra, qui peinent à recruter des travailleurs. D'anciens employés dénoncent la pression qu'ils auraient subie pour être plus productifs, le manque de formation et les congédiements abusifs.

L’un d’eux, qui préfère garder l’anonymat, en a gros sur le cœur quant à ses conditions de travail. Il affirme avoir été vivement critiqué avant d’être congédié.

« Je ne vais pas assez vite, je prends trop de temps, je perds trop de temps. C'est toujours la même rengaine et à un moment donné, tu arrives au bout de ta rangée et tu te fais demander et tu arrives au bureau et tu te fais congédier. »

Il soutient, comme certains de ses anciens collègues, ne pas avoir reçu la formation nécessaire pour l’aider.

Ils se font placer dans un coin et trime-toi avec ta merde. Il arrivera ce qu'il arrivera. Et si tu fais de quoi de travers, on te clairera.

Un ex-employé des Serres Toundra

Trois d'entre eux ont finalement été congédiés. Ils ont demandé d'occuper un autre poste, ce qui leur aurait été refusé.

« J'étais prêt à faire n'importe quelle autre tâche. Ils n'ont pas voulu et je n'ai pas eu d'avertissement », soutient Mathieu Audet, un autre ex-employé des Serres Toundra.

Problèmes de recrutement

Selon l'Union des producteurs agricoles (UPA), les problèmes de recrutement aux Serres Toundra n'ont rien de surprenant et s'étendent à tout le secteur maraîcher.

Selon Emploi-Québec, les difficultés de recrutement peuvent aussi s'expliquer par le fait que l'entreprise commence à peine ses activités. D'ailleurs, plus de 600 000 $ seront versés sur trois ans pour permettre au producteur de concombres de former et d'intégrer rapidement des travailleurs.

« C'est certain que l'entreprise a un procédé de production pour son projet qui est inexistant au Québec. À ce moment-là, l'aide financière d'Emploi-Québec permet à l'entreprise de mettre de l'avant une formation optimale pour former la main-d'oeuvre et bénéficier rapidement de travailleurs qualifiés », explique le porte-parole d’Emploi-Québec, David McKeown.

Les Serres Toundra ont refusé de commenter le dossier, expliquant seulement que la productivité demandée aux travailleurs est inférieure de 25 % à la moyenne mondiale.

D'après le reportage de Mélissa Paradis

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