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Shell annonce l'arrêt de ses forages pétroliers controversés en Alaska

Après moins de deux mois de forages, la compagnie néerlandaise Royal Dutch Shell a déclaré que les résultats de la première série d'explorations pour trouver du pétrole et du gaz dans la mer des Tchouktches, au nord de l'Alaska, sont « clairement décevants », et elle met fin à ses recherches.

Shell explique avoir creusé jusqu'à une profondeur de 2070 mètres son puits Burger J, situé à environ 240 km au large de Barrow, mais les résultats n'étaient pas assez concluants pour poursuivre ses explorations.

« Shell continue de reconnaître un potentiel d'exploration important dans ce bassin, et cette zone devrait à terme revêtir une importance stratégique pour l'Alaska et les États-Unis », a dit Shell dans un communiqué.

La compagnie a précisé qu'elle enregistrera « des charges financières » liées à ce retrait, qui seront dévoilées à la présentation de ses résultats financiers le 29 octobre. Shell devra notamment payer environ 1,1 milliard de dollars aux sous-traitants en vertu d'engagements préalables.

Le président américain Barack Obama avait provoqué la colère des écologistes en autorisant en mai Shell à forer sous la mer des Tchouktches dans l'Arctique.

Cette campagne d'exploration avait auparavant été interrompue pendant trois ans à cause de nombreux imprévus et difficultés, dont la perte de contrôle d'une énorme plateforme de laquelle 18 ouvriers avaient dû être évacués par les garde-côtes.

Des groupes environnementaux ont aussi tenté à plusieurs reprises de mettre des bâtons dans les roues de Shell, dénonçant d'« immenses risques pour les populations de l'Arctique, la faune et le climat ».

Le groupe Greenpeace s'est d'ailleurs réjoui de la décision de Shell.

« Les compagnies qui veulent chercher du pétrole dans l'Arctique canadien, que ce soit au moyen des essais sismiques dans la baie de Baffin ou avec des forages exploratoires dans la mer de Beaufort, devraient prendre note de cet échec et comprendre que le pétrole arctique sera toujours un pari trop risqué », a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la campagne Arctique de Greenpeace Canada, Diego Creimer.

Shell avait obtenu des concessions dans la mer des Tchouktches pendant la présidence de George W. Bush, avant 2009. Depuis, le groupe a investi quelque 7 milliards de dollars dans l'exploration de l'Arctique, où l'extraction éventuelle de pétrole nécessiterait au moins 10 ans de travaux.

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