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Sirop d'érable : un rapport propose une mise en marché moins « rigide et technocratique »

Des acériculteurs de l'Estrie qui contestent le système de mise en marché du sirop d'érable produit au Québec ont un nouvel allié. Le Rapport Gagné sur les enjeux de l'industrie acéricole, rendu public jeudi, leur donne en partie raison.

Les 21 recommandations représentent une critique sévère à l'égard du système actuel géré par la Fédération des producteurs acéricoles.

Selon l'auteur du rapport, Florent Gagné, il s'agit d'un « modèle, qui, au-delà de ses succès, s'est avéré rigide, technocratique, centralisé et contrôlant. »

Steve Côté, de Sawyerville en Estrie, a déjà été condamné à une amende de 421 000 $ pour avoir exporté lui-même son sirop aux États-Unis. Il accueille avec satisfaction les conclusions du rapport.

Le ministre Paradis avait commandé le rapport après avoir été informé du déclin de la filière acéricole québécoise. En dix ans, le Québec a perdu 10 % de ses parts de marché à l'échelle mondiale. Pendant ce temps, le potentiel de production aux États-Unis fait craindre le pire. Il y aurait deux milliards d'érables dans 15 États.

En présentant son rapport à l'Assemblée nationale, Florent Gagné a insisté sur le fait que le régime québécois est beaucoup plus contraignant que les modèles en vigueur au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

Malgré les lacunes qu'il relève, Florent Gagné, recommande tout de même « que la Fédération des producteurs acéricoles du Québec continue à assurer la représentation des producteurs acéricoles du Québec et demeure le mécanisme central de mise en marché du sirop d'érable ».

Du même souffle, il suggère « d'accorder à un producteur acéricole le droit de se retirer du système de mise en marché collective et que ce droit de retrait soit accordé par la Fédération lorsque le producteur accepte de payer les frais équivalents à ceux fixés pour les producteurs participants et qu'il consente à se soumettre aux autres conditions concernant l'inspection et le classement du produit ».

Devant ses collègues à l'Assemblée nationale, le ministre Pierre Paradis s'est engagé à ne pas « tabletter le rapport ».